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mardi 9 mars 2010

Un pas en avant, deux pas en arrière !

Salut à toi lecteur !

Un bon mois est passé depuis mon dernier post. Si rien de fondamental ne s'est produit, une multitude de petites choses ont progressé.
Je vais donc vous faire une fois de plus l'état des lieux de mes projets, et de mes doutes.

Lors du dernier post, nous avons exploré les possibilités offertes par le Congé Individuel de Formation.
Je vous ai également présenté l'association des compagnons du devoir du tour de France.

A cette époque, déjà lointaine et révolue, le plan qui semblait se dessiner était de monter un dossier FONGECIF pour suivre une formation courte (5 mois) me permettant de passer le CAP charpentier bois en candidat libre, tout cela sans quitter mon emplois actuel, et en conservant 80% de mon salaire environ.
Plutôt sympa présenté comme ça ...

J'ai donc proposé l'idée à mon responsable hiérarchique, qui, n'ayant que peu de connaissance sur la politique de notre entreprise, a du prendre contact avec les responsables formation afin d'en savoir plus.
Il en ressort, après plusieurs semaines d'attente, qu'il est celui qui en dernier ressort décidera si l'entreprise accepte de me libérer 5 mois ou pas.
M'ayant donné son accord de principe, du moment que c'était préparé suffisamment en avance, et que cela ne perturbait pas le fonctionnement de l'entreprise, les choses se goupillaient plutôt bien.

Le point bloquant devenait la commission d'attribution des bourses du Fongecif, qui a la réputation de quasiment refuser toute demande la première année, pour les accepter l'année suivante, même si ce n'est pas une règle gravée dans le marbre.
Ainsi, selon toute probabilité, je pourrais intégrer la formation septembre 2011, la terminer en février 2012, pour obtenir un diplôme en juin 2012 !!!
Pour une révolution radicale de ma vie, il faudra attendre un peu !

L'idée commença donc à germer de nous (ma belle et moi) installer en Corrèze afin de vivre une vie campagnarde dès maintenant, et de voir ensuite les possibilités pour me former.
Moultes discussions et échanges sur le sujet finirent par convaincre ma belle de me suivre dans cette nouvelle aventure, et ce aussi tôt que possible.

Nous voilà donc partis à planifier ce départ, les préavis à donner pour le travail, l'appartement en location, chercher les coins intéressants pour nous installer, etc ...
Les calculs vont bon train, les hypothèses sur les revenus du chômage se succèdent aux réflexions sur les opportunité d'emplois sur place.

Finalement, après toutes ces tergiversations, il semble qu'enfin une piste concrète soit envisageable, et que nous puissions commencer concrètement à agir. Si les quelques mois passés furent le théâtre de plusieurs actions de ma part, les réalisations concrète ne sont pas encore légions. Les choses allaient enfin pouvoir évoluer considérablement.




Malheureusement, la vie n'est jamais si simple qu'on la voudrais, et les surprises qu'elle nous réserve tombent souvent au moment ou l'on pensait avoir les idées claires.

Au cours de plusieurs échanges au seins des associations auxquelles je prends part, plusieurs de mes rencontres m'ont parlé de la Fédération Compagnonique des Métiers du Bâtiment. Une autre structure des Compagnons qui fournirai également des formations, mais seraient plus adaptés ou habitués au reconversions pour adultes que ne l'est l'Association qui se concentre principalement sur les jeunes.

Fidèle à ma ligne directrice, je me décide donc à lancer une nouvelle ligne voir si un nouveau poisson voudrait y mordre.

Rendez vous pris, je passe un test de géométrie dans l'espace relativement simple ( engrenages, calculs de longueurs sur un schéma, dessin de vue d'un objet, ...) et je prends part à deux entretiens, avec un formateur, ainsi qu'une responsable de l'établissement.

Le premier entretiens est assez sommaire. Mes motivations, mon parcours, et une présentation rapide des thèmes de formation, ainsi que de l'organisation des cours : 4 semaines en entreprise, 2 semaines en cours, pendant 2 ans. Le ton est posé : l'idée de subir une formation express servant uniquement à obtenir un diplôme n'est clairement pas une bonne voie à suivre. Un charpentier se forme avant tout grâce à l'expérience au contact de professionnels déjà aguerris.

Le second entretiens avec une responsable de l'établissement est plus poussé. On y aborde le fond de mon projet, son aspect professionnel, et son aspect mode de vie.
Nous discutons des réalités du métier auxquelles je serais confronté : conditions de travail, salaire, mentalité sur les chantiers, ...
Nous abordons ensuite les possibilités qui s'offrent à moi :
- un contrat de professionalisation
- un CIF

Le contrat de professionnalisation consiste à trouver un patron prêt à m'embaucher pour 2 ans au rythme de 4 semaines de travail et 2 semaine de cours moyennant un salaire très bas et des aides fiscales.
Concernant le CIF, vous le connaissez déjà.

Pour des informations plus précises, je devrai contacter un membre de la fédération qui pourra m'en dire plus sur ces deux solutions. Une piste de plus à creuser donc ...

L'entretiens se termine sur un conseil au combien précieux, mais qui ne m'est d'aucune aide : il faut que je me confronte concrètement au métier, afin d'être bien sur de mon choix.
C'est du bon sens, et ça me permettra de commencer un CV de futur charpentier qui me sera bien utile pour trouver un patron.

Ainsi il m'allait falloir trouver un patron et un centre de formation pour une durée de deux ans.
De retour à la maison, quelques recherches confirment rapidement mes craintes : les compagnons ne sont pas implantés en Corrèze !!!

Ainsi la sentence est sans appel, le couperet tombe, la vérité éclate, je suis sauvagement arraché à mes rêves ! Le déménagement immédiat en Corrèze n'est pas compatible avec une formation de charpentier bois via les compagnons.

C'est sur cette triste conclusion, et sur l'acide découragement que ce constat provoque en moi, que je vous laisse aujourd'hui.
Le chemin verdoyant qui s'offrait à moi ne m'a emmené qu'à un cul de sac. Qu'à cela ne tienne, je fait demi tour, et je vais étudier la route qui m'a conduite à cette impasse !
Peut être ai-je négligé de scruter les bas coté, où se cache surement une nouvelle piste à explorer ...




En attendant, j'ai reçu un mail d'Olivier chez qui j'ai pris part à un chantier participatif de maison terre/paille :
il doit monter la charpente de son garage !

C'est parfois quand tout espoir semble perdu que le ciel nous envoie un clin d'œil ! ;-)

Ni une ni deux, le rendez vous est pris, et cette journée fera l'objet de mon prochain post !

A bientôt

dimanche 17 janvier 2010

Le CIF récure les salles de bain ... et les carrières !

Bonjour à tous, et bienvenu une fois de plus en ces lieux !

Je vais aujourd'hui vous parler du CIF, le Congé Individuel de Formation.

Avant tout, un petit retour sur les évènements précédents : lors du stage de mise en œuvre des bardeaux ventilés, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec plusieurs personnes qui m'ont parlé des Compagnons du devoir, qui pourraient me former au métier de charpentier.

Voyons ensemble qui sont ces fameux compagnons dont le nom semble croiser mon chemin à chaque virage.

Tout d'abord, voici ce que nous en dis l'incontournable encyclopédie libre Wikipedia sur le sujet des compagnons du devoir :

"Les Compagnons du Devoir est le nom générique de plusieurs associations françaises, héritières des mouvements du compagnonnage nés à l’époque de la construction des cathédrales (vers le XIIe siècle), qui assurent à des jeunes gens, à partir de 16 ans, une formation à des métiers traditionnels, basée sur l’apprentissage, la vie en communauté et le voyage appelé tour de France. Depuis peu, elles accueillent aussi les jeunes filles en apprentissage. Une légende assez répandue cite Maître Jacques, le Roi Salomon et le Père Soubise en tant que fondateurs des compagnons ."

Voici donc une organisation ancienne de plusieurs siècles, qui a formé au travers les ages des générations d'ouvrier artisans. Nul doute que la charpente qui y est enseignée est traditionnelle !

Quelques recherches plus tard, et me voilà en route pour rencontrer la chargée du développement de l'Association des Compagnons du Devoir du Tour de France, nom complet que je raccourcirai par compagnons à présent.

Suite à un appel téléphonique et un bref exposé de mes souhait de changement de carrière et de formation, nous avons eu un entretiens au cours duquel elle m'a présenté l'activité de l'association, et les formations qui existaient.

Le premier couperet tombe : pas de tour de France pour moi, je suis trop vieux ! En effet, cette tradition est réservée aux jeunes intégrant les CAP par la filière traditionnelle.

Par contre, la solution la plus adaptée à mon parcours est la formation "courte" dans le cadre d'un CIF. Les places sont rares, car la charpente est très demandée ces derniers temps.
Ainsi, cette année, le centre de formation a du créer deux classes pour la première fois, et les perspectives de l'année prochaine sont encore plus peuplées !
La priorité va à la formation des plus jeunes, néanmoins il y a une ou deux places réservés aux anciens en reconversion.
La place va devoir se mériter ...

Tout d'abord, voyons un peu de quel bois le CIF est fait !

Le résumé:
"
Le congé individuel de formation (CIF) est le droit de s’absenter de son poste de travail pour suivre une formation de son choix
"

L'objectif :
"
Permettre à titre individuel à tout salarié de se former tout au long de sa carrière
"

Les bénéficiaires :
"
 Tout salarié ayant 24 mois consécutifs ou non en tant que salarié dont 12 mois dans l’entreprise actuelle
"

La demande :
"
Le salarié envoie une demande à son employeur une demande écrite d’autorisation d’absence qui indique avec précision l’intitulé, la date d’ouverture, la durée de la formation, ainsi que l’organisme qui la réalise
"

La réponse :
"
L'employeur peut accepter ou différer l'autorisation au maximum de 9 mois. Il ne peut pas refuser car le CIF est un droit du salarié.
"

Le financement :
"
Le financement du congé individuel de formation est assuré par des organismes paritaires agréés par l’État. Il s’agit principalement des FONGECIF.
L'organisme est susceptible de prendre en charge, dans l’ordre de priorité :
- la rémunération ;
- le coût de la formation ;
- les frais de transport ;
- les frais d’hébergement

Celui-ci prend en charge 80 % ou 90 % de la rémunération habituelle du salarié, sauf si celle-ci est inférieure à deux fois le SMIC. La prise en charge du salaire est alors totale 
"

(Source des informations ci dessus : http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/informations-pratiques,89/fiches-pratiques,91/formation-professionnelle,118/le-conge-individuel-de-formation,1070.html )

Pour des fiches détaillées sur chacun des points essentiels du CIF,  je vous recommande cette exellente page du site juritravail.


Un peu de lecture et de recherche de ma part m'ont ensuite conduit à prendre rendez vous avec le site Antenne Rural d'Atelier Pédagogique Personnalisé (SARAPP) le plus proche de mon domicile.

Pour trouver de l'aide du coté de chez vous, vous pouvez commencer par trouver le groupements d'établissements publics locaux d'enseignement (GRETA, argh, oui,  je sais ... ) le plus proche :
http://www.education.gouv.fr/cid255/carte-des-groupements-d-etablissements-publics-locaux-d-enseignement-greta.html


Allons bon, encore un nouvel intervenant vous dites vous ! Et bien oui, et un que l'on a tout intérêt à rencontrer.
"
Les SARAPP vous proposent de suivre des formations individualisées et personnalisées près de votre lieu de travail ou de votre domicile.
Après l'analyse de vos besoins et de vos objectifs, les formateurs vous proposeront un plan de formation
"

En résumé, les SARAPP, antennes locales de GRETA, vous aident à faire le point sur votre parcours, vous informent sur vos droits, sur les possibilités existantes, ainsi que sur les points techniques à connaitre pour tirer le meilleur parti des possibilités offertes, et vous guident vers les multiples acteurs qui sauront vous aider.



Dans mon cas, ils m'ont écouté, puis proposé un dossier Fongecif à remplir, en m'expliquant en détail comment le FONGECIF fonctionne, et comment les examinateurs de mon dossier statueraient sur ma demande.
Ils m'ont donc détaillé les points les plus importants, et comment remplir mon dossier de manière à optimiser ses chances de réussite.

Une fois la formation commencée, leur travail ne s'arrête pas là. Ils suivent le bon déroulement de celle ci, et vous aident si pour quelques raison que ce soit vous rencontriez des problèmes durant celle-ci.

Bref, un soutiens de poids dans les méandres de cette profonde et obscure forêt administrato-juridique qui conduit a travers ses méandres vers ... votre nouvelle vie !

Voilà pour aujourd'hui, j'espère que ces informations vous aideront à faire un petit pas de plus en compagnie de votre étranger, si vous avez décidé de tenter un bout de route en sa compagnie.
( Si ceci vous est incompréhensible, rendez vous sur mon dernier post et tout s'éclairera : Nouvel an, même tableau ? )

Je vous encourage à décrocher votre téléphone et a aller leur rendre visite à l'occasion, ça ne coute qu'un peu de temps !
L'accueil est très sympa, les discussions sont riches en information et en nouvelles questions et pistes à réfléchir.
Vous avez dans l'idée de changer, mais sans plus de précision ? Parfait ! Ces associations sauront vous poser les bonnes questions, vous proposer les bons bilans, les bonnes rencontres à faire.

En une phrase : donnez sa chance à l'idée !

Bien sur, n'hésitez pas à nous laisser un petit commentaire sur votre expérience, peut être arriverez vous à convaincre une nouvelle personne de se jeter dans le grand bain !

Bien amicalement,
votre dévoué guide

vendredi 18 décembre 2009

La pose de bardeaux, stage de friture !

Bonjour à tous et bienvenue une fois de plus sur mon blog !

Vous vous souvenez surement de mon dernier chantier participatif  à Dremil Lafarge au cours duquel j'ai travaillé avec  Sébastien à isoler sa toiture avec des bottes de pailles.

Celui ci m'a parlé du charpentier et ami qui a réalisé sa charpente. Il m'a également parlé de plusieurs association toulousaines gravitant dans le monde de l'éco-construction et tout un tas d'autre domaines.

Une de ces associations, Friture, propose notamment des stages pratiques, sur la construction d'ossatures bois, de toilettes sèches, et tout un tas d'autres sujet gravitant autour de ces domaines.

Après un peu de navigations sur les sites web de ces associations, j'ai découvert que le prochain stage en date était la mise en œuvre d’une couverture en bardeaux sciés et ventilés.

Ni une ni deux, voilà votre dévoué serviteur inscrit, et qui se présente à la ferme pédagogique de Bouzigue, lieu où se déroule le stage.


"Un lieu ressource pour les associations de promotion à l’éducation à l’environnement ", c'est en ces mots que se présente la ferme de Bouzigue en ajoutant : " Elle contribue à créer une dynamique locale, à favoriser un développement socio-culturel autour d’animation et d’activité en accord avec l’objet de l’association."

Cette ferme est une bâtisse ancienne, au style bien particulier des campagnes toulousaines, qui nous accueille par cette matinée humide et grisâtre.

La demi-douzaine de stagiaires arrivent au compte goutte, et visiblement beaucoup de monde se connais déjà.
Une majorité d'entre eux est actif dans le tissu associatif local, où ils se côtoient régulièrement.



La matinée fus consacrée  à la partie théorique dont voici un résumé succin :





"Le bardeau est un revêtement permettant de protéger des intempéries les toitures et les façades"





Dans le cas qui nous concerne, nous allons aborder le bardeau de bois (bien sur) employé à la couverture du pan de toit d'une petite construction qui servira de buvette ou lieu d'accueil pour de futures manifestations.

La première moitié de la journée est consacrée à la partie théorique : les bardeaux, leur histoire, leur utilisation encore, principalement dans certains canton suisses sous le nom de tavillon.

Nous avons également regardé une video (pluie oblige) montrant les tavillonneurs suisse au travail.
C'est un travail d'orfèvre qui démarre sur l'arbre encore sur pied. Soigneusement sélectionné, il est abattu, débité, puis les tavaillons sont fendus en suivant la fibre, et entreposés pour séchage.

Bien entendu, tout ce travail est fait avec les outils de l'ancien temps et les méthodes qui s'y rapportent.


Les ventres criant famine ( mais pas à cause du travail abattu en cette pluvieuse matinée) obtiennent finalement gain de cause, et nous nous dirigeons vers la cuisine.

La nous attends un repas bio dont voici un succin résumé :






Boisson à base d'ortie en guise d'apéritif, puis soupe d'orties agrémentée de graines grillées.





S'en suis une série de tourtes maison comprenant des orties de nouveau, ainsi que du potiron, des légumes divers, une tourte agrémentée de roquefort et de noix, ainsi que diverses salades.






Ce repas fut un délice du début à la fin. C'est assez surprennant de voir la varité de choses que l'on peut faire avec la production locale et un peu de savoir faire.

Les discussions vont bon train, à gauche sur les divers voyages au tour du monde sans le sou par les globe trotters, à droite sur la dernière fournée de pain bio réalisé par l'un des convives dans un four restauré dans squat pas très loin.

Cette expérience fu assez troublante, car je me sentais vraiment venir d'un autre monde. Ici, la simplicité et l'humanité règne.

L'un des participants a fait dans la pub pour une grande boite parisienne pendant 10 ans. Il a tout laché, et me raconte qu'il n'a pas eu une seule journée d'emplois salariée depuis 3 ans, et pourtant il vie une vie bien remplie.

Tout cela me fait bien un peu réver, mais je ne suis pas encore assez ouvert d'esprit pour m'y voir toute la vie.

Une fois tous ces mets engloutis, et ces histoires en têtes, nous pointons le nez dehors pour constater que les nuages ont terminé leur travail. Nous allons enfin pouvoir commencer le notre.

Deux ateliers furent montés pour réaliser le travail : la découpe des bardeaux, et la pose.

Le stand de découpe par de planches d'environ 4 mètres qui sont découpées, et percées :


Le perçage est nécessaire, car les clous sont posés, comme nous le verrons plus loin, assez près du bord, et donc le bardeau se fend si on tente de clouer directement.







Non loin de la, les apprentis charpentiers s'activent à la pose.

















Le principe d'une toiture en barbeaux est de superposer des bardeaux de manière à ce que l'eau s'écoule sans jamais traverser la toiture.


Nous voyons ici les deux litteaux (longue pièces de bois de petite section presque carré) qui soutiennnt chaque bardeau. Un en tête, et un autre quarante centimètres plus bas.



La toiture se monte donc du bas vers le haut.

Entre deux bardeaux, il doit y avoir un écart (règlementaire de 6mm). Dans notre cas, nous travaillons avec du bois encore très humide, nous ne laissons pas d'espace.

Une fois le bois plus sec, il va se rétracter en largeur (mais pas en longueur), créant ainsi cet espace.
Les bardeaux étant décalés d'une couche à l'autre, l'eau peux ruisseler jusqu'au sol sans traverser le toit :




















Voici une vue de travers montrant le système d'empilement des couches :


Le soleil commence à décliner, et la fraicheur arrive, la journée touche à sa fin.

















Le résultat final est plutôt réussi, et surtout il met en relief la video vue le matin, dans laquelle des chef d'oeuvres de toitures étaient exposées, et c'est à ce moment qu'on prends conscience de la qualité incroyable du travail des tavillonneurs suisses, et surtout de la modestie du notre !

Voici quelques photos de ces oeuvres :
















Selon la tradition, chaque portion de toit est recouverte par pas moins de neuf couches de bois !
Les tavaillons se superposent trois fois latéralement, et trois fois verticalement.

La quantité de travail nécessaire pour réaliser une toiture est inimaginable, comme le laisse supposer cette photo :

































Voici pour finir une superbe video d'époque montrant un tavilloneur à l'oeuvre :
http://archives.tsr.ch/dossier-metiers/construction-tavillon

Une nouvelle expérience s'ajoute à mon carnet de voyage. Celle-ci fû également faite de nouvelles rencontres : un charpentier qui se spécialise dans l'éco-construction, une association qui organise des formations théoriques et pratiques, une ferme eco-citoyenne, et des aventuriers de la vie !

Les discussions de la journée m'ont de nouveau mises sur la piste des Compagnons du devoir du tour de France. Il semble qu'il soit possible de suivre des formations en charpente auprès d'eux.

Je note donc sur mon carnet de voyage qu'une étape du coté du compagnonnage serait surement très instructive et utile pour me guider sur la route.

Je vous quitte donc une fois de plus avec de nouvelles destinations en tête, et c'est bien là l'essentiel dans un voyage, d'avoir une nouvelle destination en vue !

jeudi 5 novembre 2009

Un petit bilan

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, pas d'activité boisée, mais une petite rétrospective sur le temps passé.
Un premier bilan de ce voyage nous permettra de mettre en relief les choix qui viendront ...

J'ai commencé depuis quelques mois à scruter un peu le monde du bois.
Les doigts ont été mis à contribution dans de la petite menuiserie, ainsi que les bras sur des chantiers participatifs.
Le cerveau ne fut pas en reste grâce à de nombreuses heures de lecture de livres ou de sites Internet.

J'ai découvert beaucoup d'associations, locales ou nationales, traitant des sujets du bois et de l'éco-construction, mais aussi des groupes bien plus anciens, tels les Compagnons du tour de France, dont je vous parlerai d'ici peu.

Leur site web propose entre autre une sorte de profil créé d'après une trentaine de questions générales. Voilà une bonne façon d'éclairer mes choix !

Voici les résultats de mon test :

Bilan d'orientation

Votre profil d'intérêts




Votre profil général
Vous êtes du genre à démonter la vieille pendule de grand-mère pour comprendre comment elle fonctionne et, éventuellement, à en modifier le mécanisme. Vous aimez en effet travailler avec vos dix doigts, de même que vous adorez apprendre de nouvelles choses.
Vous aimez les activités où il faut résoudre des problèmes et qui permettent de constater des résultats mesurables et tangibles. Vous êtes, en revanche, moins intéressé par les activités qui nécessitent trop de relations avec les autres car vous êtes quelqu'un de plutôt réservé et d'indépendant (sauf si, bien sûr, votre troisième pôle est la coopération).
Vous préférez les objectifs pratiques à ceux qui sont fixés sur le long terme et vous apprenez plus facilement en faisant les choses et en accumulant les expériences que dans le cadre de formations plus académiques. Vous n'aimez pas parler de vous mais vous êtes considéré par les autres comme «authentique» et sincère. Vous aimez aussi avoir une certaine liberté de manœuvre et vous êtes adepte du «self-control». En quelques mots, vous êtes: matérialiste, naturel, pratique, réservé, effacé, critique et indépendant d'esprit.

Votre parcours de réussite possible dans le bâtiment
Compte tenu de votre profil, vous feriez un excellent professionnel dans toutes les spécialités nécessitant une grande technicité et une non moins grande réflexion. Vous pouvez ainsi devenir un excellent menuisier, un charpentier apprécié ou encore un tailleur de pierre reconnu. Mais quelque soit la spécialité choisie, l'important sera de trouver une voie où vous pourrez montrer votre capacité à raisonner en trois dimensions et à associer le geste et la réflexion, les mains et la tête.





La conclusion m'a beaucoup plu, comme vous vous en doutez surement !

Et vous, quel métier vous tends les bras ?
Foncez faire ce test, et bien sur n'oubliez pas de poster les résultats dans les commentaires :
http://www.compagnons.org/testing/test-tricam-new/test-d-orientation-gratuit

Effectivement, une bonne partie de mon temps libre a été dédié à la lecture sur le sujet de la charpente.
Plus le temps passe, et plus je sens que ma place est dans ce métier. Bois bien sur, mais aussi métier manuel, physique, au grand air d'une part, et également scientifique, mathématique, traditionnel, et ouvert à l'imagination. Que des bonnes choses !

J'effectue ainsi des recherches sur les moyens de me former à ce métier ancestral en constante évolution, où les méthodes traditionnelles les plus anciennes peuvent côtoyer les techniques de conception ou de fabrication les plus modernes.

Ces diverses lectures m'ont amenées à découvrir ces fameux Compagnons du tour de France qui ont formé des générations d'ouvriers qualifiés dans les métiers artisanaux du bâtiment, mais aussi d'autres domaines, comme le travail du cuir ou du métal.

Je vais essayer bientôt de les rencontrer afin de voir les chemins qu'ils me proposent.

Je vous en dirai plus très bientôt.

samedi 22 août 2009

Sylvéa, le musée du bois de Revel

Au fil de mes pérégrinations webesques du vendredi après midi, comme tout informaticien qui se respecte, j'ai découvert un musée du bois semblant à proximité de la ville rose qui me sert de voisine.

Quelle ne fut pas ma surprise, en parcourant les quelques pages du site, de découvrir qu'une école des métiers artistiques (notamment du bois) existait également en cette jolie ville du sud ouest qu'est Revel. Mes recherches sur les formations afférentes aux métiers du bois n'ont pas été si efficaces que ça il faut croire, car je n'ai pas réussi à trouver de formation à moins de 400 km !!! Il va décidément falloir revoir tout ça.

Ainsi donc ce samedi j'ai sauté du lit à l'aube (ou presque), il était 10h.
Pas besoin de réveil quand on se lève pour une passion, mais un peu d'aide ne fait pas de mal. Voici donc, à peu de choses près, comment je fus réveillé :



Un café, un saut sur google map, un rapide dessin de la route à suivre sur une feuille blanche (1h15 quand même), et je parti à l'aventure sur mon fidèle destrier, ma belle 600 Fazer bleu. Comme disent les vieux motards (que jamais !) : 98 chevaux dans le moteur, et un âne au guidon !

Me voici donc à la porte du musée.
Bien évidement, ceux qui me connaissent s'en doutent déjà, les portes son closes, et la grille baissée telle une porte de prison médiévale. La déception est de taille.

Ayant plus d'un tour dans mon sac, je décide de me promener dans le centre ville et j'en profite pour admirer les magnifiques charpentes de la place principale du village :



Après un kebab et une bière bien fraiche, ainsi qu'un café salvateur après un départ si matinal, et passé le choc de la disparition de mon cuir ( papiers et clefs inclus ) lors de ma pause pissou, je retrouve la sérénité quand la taulière me rend le blouson qu'elle a soigneusement caché derrière son rade pensant que quelque étourdi l'avait oublié là.

Je me met donc en ordre de marche pour rentrer au bercail et m'imagine en train de débuter le tenonage de mon repose pied ( patience, un jour je vous expliquerai ).
C'est sur le chemin du retour vers ma machine que je découvris le musée ouvert. La chance me sourit !
Le jeune homme à l'accueil m'indique qu'exceptionnellement aujourd'hui l'entrée est à moitié prix. Là, je doit me rendre à l'évidence, les dieux pavent mon chemin vers cette nouvelle vie !

L'accueil du musée est du plus bel effet, puisqu'on on y vois une réalisation des Compagnons du Devoir représentant la bâtisse du marché de Revel :



La réalisation de la ferme est saisissante (contrairement à la performance du photographe ) :



Le musée se poursuit avec quelques présentation sur la structure du bois, sur l'état des forêts. On peut apercevoir déjà plusieurs plaquettes réalisées en différentes essences :



J'ai dans l'idée de vous rédiger un post décrivant les essences, mais après cette visite et quelques recherches, cela me parait tout bonnement impossible tant les variétés sont nombreuses. J'en ferai surement une liste comportant les plus connues ou les plus utilisées ...

Les outils des anciens sont également présentés :



Compas, guillaume et scie à chantourner rappellent un temps lointain ou l'homme fabriquait lui même ses outils avant de s'en servir pour fabriquer d'autres choses. Ces quelques reliques ne sont plus trop utilisées de nos jours.
Pourtant, certains sont resté, telle la bisaïgue de charpentier (grande barre métallique à droite de la structure).
Celle ci est formée à une extrémité d'un ciseau à bois, et à l'autre d'une bédane, qui comme vous le savez surement, sert à creuser les mortaises !

Bon, c'est promis, le prochain post sera consacré aux définitions et images d'outils ou de techniques. Je le mettrai à jour au fur et à mesure que de nouveau sujets seront abordés.

La petite structure en bas à droite mérite notre attention :


Vous pouvez noter la précision des emboitements lorsque les pièces se croisent.
Un autre détail crucial, plus visible sur l'image suivante, est que cet assemblage n'est pas collé, ou clouté, mais bien chevillé ! Les chevilles ont l'épaisseur d'une demi allumette environ !




Voici un établis ancien de menuisier à gauche et un de tourneur à droite :



Un peu plus loin ,une nouvelle réalisation magnifique des compagnons :


La suite m'a permis de découvrir une discipline que je ne connaissais pas : la marqueterie. Cela pourrait être comparé à du patchwork de bois, ou alors pour ceux qui ne connaissent pas non plus ... du puzzle !

L'objectif est de réaliser des motifs très détaillés à partir de portion de bois très fines, qui sont au préalables dessinées, découpées et assemblées par collage.
Voici un exemple de commode ancienne pour se rendre compte de la précision du travail :



Les différences de couleurs sont dues à divers choix d'essences de bois, ou bien d'autre matériaux, comme la nacre, les coquillages, le métal, etc ...

Voici une vue complète de ce que donne un travail de marqueterie à l'ancienne :



J'ai pu découvrir ensuite la magie de l'art artisanal à travers des pièces issues de travail de menuiserie associé à de la marqueterie. Je vous laisse découvrir ces réalisations :



Voici le détail du contours de l'oeil :


D'autre réalisations qui me plaisent beaucoup:











Enfin, je terminerai avec une très belle lampe qui a beaucoup plus à ma chère et tendre. Peut être une future réalisation pour moi donc ...





Voici donc la fin de la visite qui approche.
Le site Internet étant en cours de migration, voici le meilleur lien que j'ai trouvé si vous souhaitez visiter cette magnifique exposition :
http://pmart.fr/#app=c4f1&b4da-selectedIndex=3&3d1f-selectedIndex=2&4eae-selectedIndex=3

En guise de bilan, je constate avec effroi que mes photos ne rendent pas hommage au travail réalisé, et je me rends compte que la cruelle réalité me rattrape : je vais devoir m'abandonner une fois de plus à la société de consommation afin d'acquérir un appareil photo plus respectueux du travail artisanal.

J'ai emporté avec moi quelques brochures de l'Institut des Métiers de l'Art et de l'Artisanat d'art (IMARA).
Cet institut propose des stages et des formations, courtes ou longues, voir même diplomates.

J'ai noté, parmi les formations proposées, plusieurs activités qui pourraient m'aider à avancer sur le chemin :
- l'ébénisterie (reconnaissance des essences, ponçage, raclage, mise en teinte, vernis) sur 5 jours
- ferronnerie d'art (appréhension feu de la forge, outils de base, manipulation de fer à chaud, marteau / fer / enclume, ...) sur 5 jours également
- sculpture sur bois (taille directe, motifs floraux, volutes, cartouches, affutage, ...) sur 5 jours
- taille de pierre (initiation, réalisation d'un blason, d'une colonne ou d'un bénitier )

Même si l'artisanat d'art n'est pas la voie que je privilégie aujourd'hui, nul doute que ces expériences seraient utiles pour apporter une touche humaine et artistique à un gros œuvre. Et puis ma culture et mon expérience du domaine étant ce qu'elles sont pour l'instant, je suis enclin à penser que toute approche est bonne à prendre.

Je vais donc bientôt contacter la responsable de ce centre. Elle pourra surement m'indiquer plus précisément les voies possibles pour suivre, et aider à financer ces stages, notamment grâce au droit individuel à la formation (DIF).

Chaque nouveau pas m'amène à voir des paysages et des chemins dont je ne soupçonnais pas l'existence. La route qui défile est parée d'une multitude d'embranchements et de détours, et chacun me semble interessant à visiter.

Peut être aussi est ce là la magie d'une passion : l'intarissable envie de découvertes sur domaine qui s'étend au fur et à mesure qu'on le parcourt.
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