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samedi 14 mai 2011

Bois & Cie : stage de menuiserie, seconde partie

Bonjour à toi lecteur, et bienvenue sur ce blog si tu le découvre !

Je vais aujourd'hui raconter la fin du stage de menuiserie que j'ai effectué grâce à l'association Bois & Cie.

Lors de mon précédent ( et aujourd'hui bien ancien ) post, je vous ai raconté comment nous avons préparé et tracé chacune des pièces de bois qui constitueront notre battant de porte de meuble.

Nous y avons dessiné les croquis, l'épure à l'échelle 1, établis la liste de débit, choisis nos pièce de bois qui ont été dégauchies, rabotées, et sur lesquelles nous avons repiqué les traits de coupe directement depuis l'épure.

Il nous reste à faire les découpes qui permettrons à toutes ces pièces de s'emboiter, puis de faire le collage et les finitions. Nous allons enfin faire sauter du copeau !

La première chose que nous allons réaliser sont les mortaises, qui n'ont plus de secret pour vous depuis mon post "Tenon et mortaise sont les deux mamelles de la menuiserie".

Dans la menuiserie moderne, l'utilisation d'outils électroportatifs et la règle. Ils permettent une grande efficacité et une grande précision.
La reine incontestée de ces machines est la défonceuse, dont on dis que les possibilités ne sont limitées que par notre imagination...

Voici donc à quoi ressemble ce saint Graal du menuisier moderne :














La défonceuse est montée sur un plateau plane qui permet de la faire glisser sur une surface régulière. Elle comporte un outil tranchant tournant à haute vitesse, la fraise, qui de part la variété de ses formes et attributs permet de multiples opérations.
Cette fraise et le moteur qui l'entrainent sont mon montés sur un système de vérin qui lui donne une mobilité verticale.
Le principe de base de la défonceuse est donc le suivant : on fait tourner la fraise, on la 'plonge' dans le bois, et on la déplace pour faire le 'trou' aux dimensions désirées.

Nous utilisons donc une défonceuse pour réaliser les mortaises.
D'une manière surprenante, la phase de réglage est la plus longue et la plus complexe. près avoir choisi et monté la fraise, nous réglons la butée de profondeur. C'est elle qui nous évite de faire un trou dans la table:














Ensuite, nous fixons notre pièce de bois sur l'établis afin qu'elle ne bouge pas pendant l'opération. Nous posons la défonceuse sur la zone à creuser, et nous mettons en place les éléments qui vont contrôler la zone qui sera creusée :














Dans le cas d'une mortaise, nous avons :
- un guide latéral (pièces noir et grise en bas , qui nous donnera une mortaise droite et parallèle à notre pièce
 - une butée de départ ( serre joint rouge )
 - une butée d'arrivé

Une fois tout cela en place, on lance, on plonge, on déplace d'une butée à l'autre, le tout est fait en 10 secondes maximum ... :



... et le résultat est impeccable ! On vois bien sur cette photo les marques faite par la pointe du trusquin . :



La défonceuse est ensuite utilisée pour faire la rainure dans la quelle se glissera le panneau de la porte.
Nouveau travail à réaliser, donc ... nouvelle configuration de la défonceuse, vous l'avez tous dis, j'en suis sur !

Cette fois, la défonceuse sera montée statiquement sous une table. La hauteur de fraise est réglée, et c'est la pièce de bois qui sera en mouvement pour ce type de travail.














Voici la réalisation de la rainure :



Le travail à la défonceuse est d'une incroyable propreté, mes premières mortaises au ciseau à bois sur ce blog n'auront pas de mal à vous en convaincre !














Voilà, nous avons maintenant deux montants qui sont prêts à recevoir les tenons des trois traverses horizontales, et les deux panneaux. Nous passons donc à la réalisation des tenons des traverses.

Encore une fois, nous utilisons la défonceuse, mais puisque le travail à faire est différent, les réglages des guides le sont aussi :













Nous avons fixé un rail métallique contre lequel la défonceuse se déplacera. Deux pièces de bois à droite et à gauche de notre pièce nous ont permis de faire quelques tests et réglages, et notre montant est prêt à se voir défoncer.

Une fois les réglages faits, la manœuvre est la même :

 
Cette opération est réalisée sur les deux faces ( les joues ) du tenon. Nous allons ensuite raccourcir ces tenons à la longueur prévue sur l'épure. Cette opération est réalisée grâce à la scie radiale à onglet :














La scie peut être levée et abaissée, mais également coulisser horizontalement ce qui donne une grande variété de coupes, qui est encore étendue par le fait que la tête est inclinable pour les coupes en biseau, et le plateau aussi peut tourner, permettant des coupes à 45° sur deux axes simultanément.














Enfin, une petite reprise au ciseau à bois nous permet d'avoir une joue de tenon parfaitement propre.














Le positionnement du tenon est vérifié ...

 
 











... et on en profite pour repiquer la largeur de la mortaise directement à la source :


Cette dernière découpe se fera à la scie, et nous permet d'arriver à une étape très satisfaisante : le montage à blanc. c'est l'assemblage de toutes les pièces ensemble, sans les fixer définitivement. Cela permet de faire un contrôle général de l'ensemble :














Les plus observateurs d'entre vous aurons noté que les longueurs des montant ne sont pas bonnes, et ils ont raison !!! En effet, elles seront coupées au tout dernier moment. Ainsi, si une des pièce ou l'ensemble venait à tomber, les coins cassés seront de toute façon coupés à la fin. Si la découpe avait déjà été faite, la pièce serait à recommencer depuis le début !

Nous touchons au but. Collage, des tenons et assemblage final des panneaux :














Il faut aller très vite, donc tout le monde s'y met :














Une fois toutes les pièces collées et assemblées, elles sont serrées :














Une petite vérification que les deux diagonales ont bien la même longueur, ce qui n'est bien sur pas tout à fait le cas :














Un ultime serre joint sur la diagonale trop longue permet de corriger ce petit centimètre malvenu qui s'est invité dans notre œuvre.

Une fois la colle séchée, nous perçons des trous sur chaque assemblage tenon mortaise afin d'y insérer une petite cheville qui assurera un complément de solidité avec la colle :














Le téton qui dépasse sera coupé à l'aide d'une scie à araser.

Voilà mesdames messieurs, l'accomplissement de toute une vie de 20 heures de stage,
un panneau de porte absolument MAGNIFIQUE !!!!

















Toutes les équipes sont parvenues à des résultats rivalisant de perfection, et la fierté du travail bien fait se lis sur les visages réjouis de tous.



Voilà qui conclus ce post. J'espère que la découverte de la fabrication d'une portion de meuble vous a plu. N'hésitez pas à me faire par de vos commentaires, ça me fait toujours énormément plaisir, et également un peu culpabiliser de mettre si longtemps entre chaque post.

Ce que je retiens tout particulièrement de ce stage, c'est à quel point il est long et compliqué de faire une pièce qui semble toute bête comme cette porte, et je suis admiratif lorsque je vois une cuisine entièrement réalisée à la main, ou bien un meuble
ancien qui après des dizaines d'années de vie n'a pas bougé d'un poil.

Oui, l’insaisissable beauté du travail manuel est peut être là : seul ceux qui prennent le temps de la regarder se rendent compte à quel point elle est éblouissante.

A bientôt !


jeudi 20 janvier 2011

Bois & Cie : stage de menuiserie, première partie



Bienvenue à toi lecteur pour une nouvelle page de mon aventure !

Tout droit de retour du XIIIème siècle où je participa à la construction d'un château fort, me voici à la découverte d'une nouvelle association dont j'ai entendu parler lors de soirées ... d'une autre association !  C'est un microcosme que je ne connais pas du tout, et j'y découvre un véritable réseau de personnes qui se côtoient et partagent du temps et du savoir autour des divers thèmes, notamment ceux qui me tiennent à cœur : la construction bois.

L'association Bois & Cie se présente en ces termes :
"
L’association Bois & Cie est née en octobre 2005 autour d'un axe majeur: le partage des savoirs et des savoir-faire autour du travail du bois. Portée par quelques membres fondateurs, la structure s'organise au départ autour d'un local-atelier, équipé d'outillage et machines mutualisés et propose à ses adhérents un espace et des temps d'échange et de partage: apprentissage et perfectionnement des techniques de mise en œuvre du bois principalement (mais aussi du cuir, des métaux) mutualisation des informations.
"

Au menu de leurs activités, des activités de formation,de réinsertion, du conseil sur l'éco-construction, des projets sur la valorisation des rebuts urbains ( bois de palettes ) et enfin un projet central de prototype d'habitation légère et démontable.


Cette association avait donc toutes les cartes en main pour m'accompagner sur le chemin du bois. Quelques coups de fils, et renseignements pris, je me suis inscrit à un stage de vingt heures de formation aux techniques de base de la menuiserie.

En attendant le stage quelques semaines, j'ai eu droit par un beau samedi bien frais à la cérémonie d'accueil : la séance de démontage de palettes à coup de pied de biche ! Le but est de récupérer de la matière première à bon marché, et de la valoriser dans divers projets tel que des bacs à compost, des toilettes sèches, ou bien des cabanes de marché démontables. 


Me voilà donc par un nouveau beau matin en direction des locaux de l'association, habillement camouflée derrière cette façade d'ancien garage :

 






La première pièce fait office d'entrepôt pour la matière première. On y croise également de l'outillage, et sur la droite un prototype de cabane. Je pense que c'est l'ancêtre du prototype d'habitation dont je vous parlais plus haut.







Ensuite, nous entrons dans la pièce principale contenant plusieurs postes de travail, et une bonne partie de l'outillage.



















Au fond se trouve une petite salle qui tiendra lieu de bureau d'étude pour notre projet.

















La première étape de de ce stage est de prendre le bon café du matin. Comme vous le constatez, les doudounes sont de rigueur, la salle n'étant que faiblement isolée. Il y règne une température glacière que la chaleur humaine des participants fait rapidement oublier.



















Présentations, rappels du contenu et des objectifs du stage, consignes de sécurité, nous rentrons dans le bois dur !

L'objectif est donc de construire un battant de porte. Pour cela, nous serons organisés par groupe de 3 ou 4 personnes, chacun réalisant son battant. Ceux-ci seront utilisés pour continuer l'ameublement le local.

Nous apprenons donc qu'il y a douze étapes pour réaliser un travail de menuiserie. Je vous les cite donc de mémoire (avec plusieurs mois de retard) en espérant ne pas raconter trop de bêtises :

  1- croquis
  2- fiche de débit
  3- épure à l'échelle 1
  4- choix des pièces de bois
  5- dégauchissage et rabotage
  6- établissement des marques de repérage
  7- repiquage des traits de coupe
  8- réalisation des assemblages( tenons, mortaises, rainures )
  9- découpe des tenons aux bonnes longueurs
10- assemblage à blanc
11- encollage
12- ponçage et vernissage

En avant donc avec le croquis général que l'on gardera sous le coude tout au long de la fabrication de notre pièce. Il doit nous indiquer la forme de l'ensemble, les types d'assemblage, les dimensions principales et le marquage de chaque pièce.

 

















Notre battant sera donc composé de deux montants (à droite et à gauche), trois traverses ( en haut, au milieu et en bas ) et deux panneaux ( au milieu des deux rectangles ).


Le marquage ( les runes mystérieuses que vous voyez sur chaque pièce ) nous permet une fois tracé sur le bois de savoir instantanément quelle pièce nous avons dans les mains, ainsi que sa position future.
On vois sur ce croquis les marques des montants de gauche et de droite que l'on ne peut confondre, quelque soit le sens dans lequel on tiens la pièce. Les marques des traverses permettent de savoir exactement dans quel ordre vertical elles seront disposées.
On vois enfin les marques permettant de reconnaitre les mortaises ( tout à droite ), et les tenons (sur chaque traverse).


Ce croquis étant fait, nous avons une bonne idée du bois qui sera nécessaire pour le réaliser : deux montants, trois traverses. Nous établissons donc la fiche de débit qui liste les pièces nécessaires ainsi que leur dimensions. Celle ci peut servir de bon de commande pour notre fournisseur, ou bien de liste de tache pour nous même puisque nous allons les tailler.



















On note la pièce d'essai qui permettra de calibrer nos outils, et on pourrais rajouter si le budget nous le permettais une pièce supplémentaire de chaque type, en cas d'erreur, il serait dommage de stopper les travaux car une pièce nous manque, et qu'il faille relancer une commande.

Étant des menuisiers chevronnés du haut de nos ... hum ... deux bonnes heures dans le métier, nous somme assez confiants pour ne pas avoir besoin de pièce de secours.

Nous continuons la phase d'étude avec le tracé de l'épure à l'échelle 1. L'objectif de celle ci est de représenter exactement ce que sera notre pièce finale, avec ses dimensions réelles.

Tout commence donc par tracer le premier angle droit avec ... une règle un et compas bien entendu !

Il existe plusieurs techniques pour réaliser un angle droit. La première dite du 3-4-5 nécessite une règle graduée. Elle consiste à réaliser un triangle dont les cotés sont de proportion 3,4 et 5. Par exemple, au vu des dimensions de notre pièce, nous pourrions prendre 30, 40 et 50 cm.

Les plus mathématiciens d'entre vous auront noté que 3² + 4² = 5², ce qui rappelle fortement les propos obscurs de ce bon vieux Pythagore.
Pour rappel, la réciproque de son théorème nous dis que :

"
Si dans un triangle, la somme des carrés des longueurs de deux côtés est égale au carré de la longueur du troisième côté, alors ce triangle est rectangle et l'angle droit est l'angle opposé au plus grand côté.
"

A la bonne heure ! Mais étant des menuisiers accomplis, nous pouvons nous passer de règle graduée grâce à une seconde technique mettant en œuvre de nouveau la géométrie.



Nous traçons une ligne entre deux points A et B.
A l'aide du compas, nous créons un triangle ayant  trois cotés de longueurs égale à AB.
C'est un triangle équilatéral ! Ses angles valent donc tous 60°.
Nous prolongeons la ligne BC. Cela crée un angle complémentaire de 120° avec AC
Nous y reportons la longueur CB, obtenant le point D.
Le triangle ACD obtenu possède deux cotés de longueurs égales, il est donc isocèle !
L'angle à son sommet valant 120°, les deux angles à ses bases valent 30°.
L'angle entre DA et AB vaut donc 30°+60° soit 90°, il est droit, la science est formelle sur ce point !
Après une franche partie de rigolade à constater que la pratique diffère légèrement de la théorie dans ce cas là, nous parvenons tout de même à établir un premier angle droit respectable.

Les autres tracés suivent jusqu'à reproduire intégralement notre croquis initial avec des côtes correctes comme le montre (presque) cette photo :




Nous voyons ici quelques détails des assemblages : la mortaise, le tenon (un peu plus court) et la rainure dans laquelle se glissera le panneau.




La conception étant terminée, la fiche de débit établie, nous allons en quête des pièces de bois nécessaires. Celles-ci sont issues de palettes ayant subit avec succès la phase de démontage.

L'aspect brut du matériel, et ses dimensions approximatives  ne permettant pas de réaliser un travail de menuiserie, la première étape sera de les préparer.

La première machine que nous utilisons est la dégauchisseuse :




Des lames sont montées sur un axe tournant à grande vitesse. La pièce de bois est glissée le long d'un plateau sur lequel affleurent les lames. Celles-ci enlèvent donc (selon le réglage) quelques millimètre de bois à chaque passage. Ainsi, au bout de plusieurs passages sur le plateau parfaitement plat, nous obtenons une surface parfaitement plane.

Voici la position académique ayant l'avantage (non négligeable) de garantir la récupération de la totalité de vos doigts en fin de dégauchissage :



















Je vous la recommande donc fortement.
Un quart de tour de la pièce et rebelote : nous obtenons 2 faces parfaitement planes, formant un angle de précisément 90°.




Pour l'étape suivante, la raboteuse entre en jeu. Également constituée de lames sur un axe rotatif, elle attaque cette fois le bois par le haut :





















La hauteur du plateau sur lequel glisse le bois étant réglable, cette machine permet de créer une face parfaitement plane, parallèle à la face opposée et à l'épaisseur qui est souhaitée.

Ainsi, grâce à ces deux outils, nous obtenons une pièce dont les quatre faces sont parfaitement planes, parallèles deux à deux, et formant des angles de 90°.
C'est le minimum nécessaire pour espérer réaliser un ouvrage digne de ce nom !

Ces étapes sont donc réalisées pour chacune des six pièces de notre fiche de débit.
Chacune sera ensuite choisie en fonction de ses dessins, couleurs, nœuds, strilles pour occuper une place dans le montage. Les marques de notre croquis leurs sont alors apposées au crayon.

Il est maintenant temps d'effectuer sur celles-ci les tracés grâces auxquels coupes, tenons, mortaises et rainures seront réalisés.

Cela est fait directement sur notre épure. La pièce est posée à sa place, et les traits sont repiqués directement dessus.

Sur cette photo, on repique la hauteur du montant droit. Les petits 'v' sur chaque faces rappellent quel est le coté du trait qui sera enlevé lors de la découpe :




















Sur celle-ci, on vois le bout du tenon sur la gauche, et son épaulement sur la droite:








Chacun des traits de coupe seront ainsi reporté sur les pièces avant de passer à la phase de découpe.

Pour les rainures qui accueilleront les panneaux à l'intérieur du cadre,  le tracé est un peu plus compliqué, puisque nous sommes sur la tranche de notre pièce de bois, et que nous devons réaliser un trait relativement long.

Nous utilisons alors un nouvel outil : le trusquin.
Celui-ci est composé d'un socle contre lequel glisse la pièce de bois à tracer, et d'une partie mobile, coulissant dans ce socle, et munie d'une pointe métallique.
Une fois l'écartement entre la pointe et le socle finement réglé, la partie mobile est serrée à l'aide d'une vis. Il ne reste plus qu'à marquer le bois avec la pointe sur toute la longueur nécessaire en faisant glisser le trusquin le long de la pièce :

 


Voilà pour cette première partie de stage. Nous avons obtenu une série de pièce qu'il va maintenant falloir travailler pour les assembler.
Ce sera l'objet de mon prochain post. Je vais essayer de raccourcir un peu le délai de rédaction car j'ai beaucoup de choses à vous racontez, mais je ne devrai à aucun prix sacrifier la qualité, ce serai prendre une bien mauvaise voie pour les aventures à venir.

Puissiez vous de la même façon faire le choix de prendre le temps de privilégier les choses bien faites, au détriment du rythme fou que les temps actuels semblent nous imposer.







dimanche 15 novembre 2009

Repose pied, la suite : 4 tenons alignés

Voici venu la suite de la fabrication, décidément bien longue, de mon petit repose pied.

Tout d'abord, souhaitons la bienvenue à deux nouveaux outils : le serre joint et la scie a dos.




"Un serre-joint est un outil de maçon ou de menuisier. Il permet de serrer et de maintenir différentes pièces en contact entre elles"









Dans le cas qui m'occupe, il me permet de manipuler l'assemblage, notamment afin de visualiser les alignements.



  "Scie courte à denture fine, de précision, dont la finesse de la lame nécessite un renfort métallique sur le dos pour la rigidifier. Sa lame est rectangulaire (sauf les scies à dos japonaises comme la dosuki)"

L'objectif d'aujourd'hui est de  découper sur chacun des pieds deux tenons qui viendront s'emboiter dans le plateau.

Le défi à relever sera donc d'aligner verticalement d'une part sur chaque pied les deux tenons (l'un au dessus de l'autre) et d'autre part aligner les tenons des deux pieds horizontalement, les uns en face des autres.

En résumé, il faudra que les bases des quatre tenons soient sur un même plan, de manière à jointer parfaitement quand le plateau viendra s'y emboiter.

La première étape est donc le traçage des lignes de coupe. Comme nous l'avons vu précédemment, le tenon occupe en général un tiers de la largeur de la pièce.

Sur cette photo apparait le tracé de largeur du tenon de la pièce transverse, ainsi que les tracés de base et de hauteur des tenons du pied droit.



La première découpe a pour but de délimiter le haut du tenon de manière à ce qu'il soit à la même hauteur que le futur tenon de la pièce transverse :


La même opération est effectuée de l'autre coté. A ce moment, un test de platitude me permet d'ajuster les découpes grâce à quelques coups de lime.

Le résultat final est satisfaisant, il n'y a pas de jour.










Maintenant que les surfaces sont accessibles, une nouvelle étape de tracé des lignes de découpes :















Comme vous le voyez, les parties à supprimer de la pièce finale sont hachurées afin de ne pas se tromper. En théorie tout du moins ...

En effectuant ces tracés, je me suis dit que le tenon de la pièces transversalle pourrait être prolongé jusqu'au tenon du pied, afin de former une sorte de T.

Je pense que cet assemblage n'en serait que plus solide, limitant de lui même le jeu entre les pièces.

On remarque également que les tenons de droite et de gauche sont positionnés identiquement par rapport à la pièce de traverse, mais que leur position par rapport au bord de la surface n'est pas vraiment la même.

Les imperfections de découpes commence à se voir ! Espérons que je pourrais rattraper ça d'ici la fin, ou que cela ne se verra pas !

Première découpe du tenon, et première bétise !















Alors ?         ...           Qui a trouvé l'erreur ?

Et oui, bougre d'âne ! J'ai découpé une partie qui n'était pas hachurée, mettant ainsi fin à ma belle idée de tenon en T.

Morale de l'histoire, mon hachurage n'était pas assez visible, à moins que ce ne soit moi qui n'était pas assez attentif ....

Qu'à celà ne tienne, je continue la découpe et obtiens le première tenon :

L'espect n'est pas terrible,mais nul doute que les futur coups de limage d'ajustement y remédieront.

Voici donc à quoi ressemblent les pièces emboitées :










Quel dommage quand même, cette idée de tenon en T me plaisait bien ...

Allez,  des traits, des coups de scie et de lime, un peu de sueur, et juste ce qu'il faut de bière, et les trois tenons suivants sont réalisés :















Certaines découpes laissent un peu à désirer au premier coup d'oeil, mais cela est grandement dû au manque d'établis.

Mes pièces sont montées dans un étau ayant une tête pivotante  lui mème fixé à un des barreaux de la rembarde.

Les positions de découpe sont donc lamentables, et le résultat ne vaut pas beaucoup plus certaines fois, mais cela n'est pas très grave, car quelques coups de lime nous mettrons bientôt tout ça d'équerre, tout du moins, je l'espère.

Voilà donc une nouvelle après midi bien occupée, et du travail qui bon an mal an a bien avancé.

Une triste nouvelle (pour moi), mais une très bonne pour vous viendra conclure ce billet :
mon appareil numérique est atteint d'une maladie grave, et sans espoir de rémission.
Il lutte courageusement pour servir jusqu'au dernier soufle, mais l'histoire continue, et laisse sur le bord du chemin les héros du passé.

Demain, un nouveau jour se lèvera, et de nouvelles histoires seront immortalisées grâce à son successeur.

A ce sujet, voici l'excellent dossier 2009 sur les appareils photos numériques de la Fnac (attention, 8.3 Mo quand même !):
http://multimedia.fnac.com/multimedia/editorial/pdf/dossier_techniques_2009/photo_2009.pdf

Je ne suis pas rémunéré pour cette publicité, encore que ce n'en soit pas vraiment une, puisque c'est juste un dossier très complet.

Autant la Fnac est très limite sur ses tarifs, autant ses dossier techniques sont excellents à mon humble opinion.

Alors ? Quelle sera ma prochaine entorse à la fuite en règle de la société de consommation ?

Je penche pour un appareil ultra compact, avec un très bon respect des couleurs (gros défaut de mon précédent appareil), et de bonnes performances en faible éclairage (bonne sensibilité ou bon flash), chose qui m'arrive trop souvent à mon gout.

Fred, ton avis sur la question est le bienvenu en commentaire, à moins de 3000 euros si possible !  ;-)

Et vous ? Vos appareils ? Vos recommandations ? C'est maintenant à vous de travailler ci dessous !

samedi 5 septembre 2009

Tenon et mortaise sont les deux mamelles de la menuiserie !

Bonjour à tous, et merci de m'accompagner une fois de plus sur le chemin.

Aujourd'hui, nous allons continuer la fabrication de mon repose pied. Celle ci n'a pas progressé depuis la dernière fois. Tout au plus un coup de rabot a été donné afin d'égaliser le contour des deux pieds.

Afin d'aiguiser nos méninges avant de travailler, nous allons commencer par un peu de théorie sur les assemblages en menuiserie.




"Tenons et mortaises sont des tailles techniques permettant à deux morceaux de bois de s'emboiter. La partie mâle est le tenon, la partie femelle est la mortaise"





Jusqu'ici, tout semble relativement simple, et ça l'est !

La où les choses se compliquent, c'est que les assemblages peuvent avoir de multiples positions, et les découpes qui en découlent en sont grandement complexifiées.

L'assemblage "tenon mortaise" peut être double (les tenons sont parallèles ou alignés) :


... il peut être chevillé afin d'être totalement solidaire sans collage :



ou bien faux, quand les deux pièces sont mortaisées, et une troisième pièce fait office de "double tenon" :


Voici pour la base. Il existe une multitude d'autre techniques permettant d'assembler 2 pièces de bois croisée, tel le chevauchement, et il est certain que nous reviendrons un jour sur celles ci.

J'ai décider de joindre les deux pieds et la pièce de travers en utilisant ce type d'assemblage car c'est tout à fait approprié d'une part, et parce que cela me permet de découvrir des outils et techniques de base du métier.
Le plateau viendra plus tard s'emboiter sur cet assemblage en utilisant cette même technique.

La première étape consiste à effectuer les tracés. Dans notre cas, les 2 pièces sont de taille identique, ainsi le tenon se doit d'être d'une largeur égal à un tiers de la largeur totale :


Ensuite viens le temps de la découpe.
J'ai essayé dans un premier temps de marquer les lignes de coupes avec un ciseau à bois. Le résultat n'était pas bon.
Lors des coupes dans le sens des fibres, celles-ci s'écartent, et le résultat n'est pas propre.
Dans le sens de coupe ou il faut trancher la fibre, il faut y revenir à plusieurs fois, et le résultat est ... irrégulier, pour ne pas dire de gros mot !

J'ai donc poursuivi à la scie à main. Le résultat est bien meilleur.


Les parties sont ôtées au fur et à mesure :


Et nous avons au final mes 2 premiers tenons !





Comme toute première universelle, elle mérite une phrase qui restera (ou pas) dans les mémoires. Voyons ça ...
"C'est un pas pour le petit homme, mais bon de géant pour l'humanité"

Bon, on ne peut pas avoir tout les talents, il faudra s'y faire ...

Ensuite, les choses se compliquent, car il va falloir creuser une mortaise dans laquelle va parfaitement, et sans jeu, s'emboiter le tenon.

La première étape fut donc de prendre la longueur exacte du tenon, afin de la reporter sur la pièce à creuser :


Il est temps d'introduire un outil essentiel : le ciseau à bois.



"Le ciseau à bois est un outil de menuisier et d'ébéniste composé d'une lame en acier trempé, appelée planche, dont une des extrémités est taillée en biseau et extrêmement affûtée pour permettre le travail du bois"





Je l'utilise ici dans un premier temps pour découper les fibres sur le pourtour de la découpe :


Ensuite, par découpe de copeaux successives, la mortaise est creusée :


Pour la culture, cette étape de creusage est normalement réalisée avec une bédane :




"La bédane, très proche du ciseau à bois, a une section carré. Cela en fait un outil plus résistant à la torsion et aux efforts"





Revenons en au chantier ...

Les bords de la mortaise doivent être aussi réguliers que possible, afin que les deux pièces soient totalement en contact une fois assemblées. Si il y a du jeu, la solidité de l'ensemble, ainsi que sa longévité, ne seront pas des meilleurs.

Le travail avance à son rythme. Le plus difficile est peu être de prendre son temps. Les automatisme de travailler dans l'urgence frappent régulièrement à la porte, et j'essaye de les laisser de coté.
Décidément, il n'y aura pas que les doigts à éduquer pour parvenir à faire de belles choses ...

Le forage avance bon train ...
...

... et je vérifie constamment que l'assemblage se fait correctement et sans jeu :

...

Nous y voilà !!! Le premier assemblage tenon mortaise semble opérationnel.

Je remarque néanmoins un jour entre les deux pièces. Après une étude poussée de sa cause, j'en déduis que les angles à la base du tenon ne sont pas tout à fait droits. Un léger arrondis fait que la butée ne se fait pas à fond.
Cet endroit étant difficile à limer sans raboter les faces du tenon, je me résous à arrondir les bord de la mortaise afin de laisser un peu de place pour ces angles.
Voici le résultat :


Un nouvel essai démontre un bien meilleur assemblage. La technique n'est peut être pas très catholique, mais le résultat est divin.


Il serait intéressant de demander son avis sur la meilleure solution à ce problème à un vrai menuisier ...

Le second pied se réalise sans souci majeur.

Ensuite vient la finition. Étape majeure du processus de fabrication, elle est la garante d'un aspect visuel parfait et d'un assemblage millimétré. C'est une étape primordiale.


"La râpe à bois est un outil servant à usiner une surface.
Il existe plusieurs formes de râpes : plates, carrées, demi rondes, rondes, queue de rat et tiers point.
Il existe également 3 épaisseurs de denture, ayant pour nom la dégrossisseuse, la moyenne et la finisseuse"



Un des problèmes majeurs rencontré lors de mon travail est l'effet d'arrondis (cela doit surement avoir un nom, je chercherai ... ).
Lors du mouvement de va et viens avec la lime, malgré tous les efforts pour aller droit et régulier, les articulations du poignet doivent jouer, et il en résulte un mouvement faussement rectiligne.
On s'aperçoit que la surface limée est légèrement bombée. Les 2 extrémités (bout de lime et coté manche) sont plus creusés que le centre.
Ainsi, lors de l'assemblage, des jours apparaissent, et il faut jouer de finesse pour les corriger.

Le travail a porté ses fruits, et nous pouvons à présent contempler les 3 premières pièces :


Le moment suivant est crucial, et sera révélateur de la qualité du travail !
L'assemblage complet sera t'il droit ?
Les quatre pieds toucheront ils le sol simultanément sur une surface plane ?
Le travail aura t'il été bien fait ?
Mon voyage part il sur de bon rails ?

Découvrons la réponse à toutes ces questions, et aux multiples autres dont je vous épargne l'énumération :



Et bien ma foi, voici un assemblage de fort belle facture ! Il tient de lui même, ce qui montre que les liaisons n'ont presque pas de jeu. Les pieds touchent le sol, et le montage n'est pas bancal.

Un gros plan sur les contacts montre qu'il n'y a quasi pas d'espace :

...

Voici pour le plaisir quelques images de ce à quoi ressemblera cette première réalisation une fois assemblée :

... ...

Voici une vue de face, de dos, et de profil, au cas ou cela ne semblerai pas évident.

Ainsi se termine la route pour aujourd'hui. Après les quelques premières foulées, j'ai l'impression d'avoir vraiment parcouru du chemin cette fois ci.

Je me remémore le cheminement m'ayant mené à bon port, et le souvenir de la deuxième mortaise ( qui s'est réalisé bien plus rapidement que la première) m'apporte de la joie. Le travail est plaisant, les questions sont multiples, et la satisfaction d'arriver à un résultat est indescriptible.

Alors que la journée tire à sa fin, je vois déjà la prochaine étape défiler dans mon esprit. Les questions fourmillent dans ma tête. Faut il coller les trois pièces afin d'avoir un assemblage solide ? Cela permettrai d'effectuer des mesures précises, et l'assemblage final n'en serai que meilleur !
Pourtant, une fois assemblée, la pièce serait difficile à manipuler, et les découpes seraient bien plus compliquées à faire, et certainement moins précises.

Alors, que faire ?

Et bien, le sage dis qu'à chaque jour suffit sa peine, et je m'en remettrai à sa clairvoyance.

Un bon repas, et une bonne nuit de sommeil seront une suite toute naturelle à cette journée, et nul doute qu'au réveil, les réponses seront déjà prêtes, et le travail continuera tout naturellement.