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samedi 15 mai 2010

Chateau de Guédelon - Jour 0 : la visite

En l'an de grâce 1228, Louis IX, futur Saint-Louis, vient d'être sacré Roi à Reims. Mais trop jeune pour régner, c'est sa mère Blanche de Castille qui assurera la régence du royaume jusqu'en 1235.

Guilbert, petit seigneur, vassal du seigneur de Ratilly, lui-même vassal du seigneur de Perreuse, qui est à son tour vassal du Baron de Toucy, commande un chateau : le château de Guédelon.

Son suzerain vient de lui donner l'autorisation de construire son château. 
Son statut assez modeste dans la hiérarchie féodale et ses moyens financiers limités, l'incitent à faire ériger un « petit » château, loin des dimensions royales des châteaux du Louvre à Paris ou de Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne. On parlera alors de château-résidence pour évoquer Guédelon.

C'est en tant que batisseur que j'ai pris part à la construction de ce chateau.

Et là, vous vous dites "Il a craqué, ça devient n'importe quoi ce blog !!!" ...

Et bien rassurez vous, je vais bien, et le voyage dans le temps n'est pas encore possible.
Du moins, pas tout à fait ...

Je me suis joint à cette aventure incroyable qui se déroule de nos jour en Puisaye.
Un château médiéval du XIII ème siècle (nul besoin de le préciser, vous l'aviez immédiatement déduit !) est en cours de construction depuis une dizaine d'année. Sa particularité ? Il est bâtit avec les outils et les méthodes de l'époque !!!

Quoi de plus traditionnel me direz vous que d'utiliser des outils et des méthodes employées il y a plus de 750 ans !

Après avoir découvert ce chantier hors norme sur internet, quelques mails et un mini dossier remplis et me voilà en route pour une nouvelle aventure.

Le premier jour est consacré à la visite du site. Celui ci est constitué ... d'un chateau :















... ainsi que d'un village où sont regroupés les principaux artisans nécessaires à la construction.

Il y a donc entre autres le vannier, qui fabrique paniers, jarres, boites à outils, hotes et autres accessoires :














La teinturière qui travaille avec les herbes, les baies, la terres et toutes les ressources que la nature environnante peut apporter :














Les charpentiers ont bien entendu un rôle prépondérant dans le chantier. Charpente bien entendu, mais aussi tables, charrettes, manches d'outils, échafaudages, bref, quasiment tout ce qui est en bois passe entre leurs mains :















Pour travailler, il faut des outils, qui sont principalement fabriqués par les forgerons, ou plus particulièrement pour les outils tranchants par le taillandier :















Le cordelier s'occupe lui de la fabrication des cordes :




Afin d'être au sec, les tuiliers fabriquent des tuiles à base de terre crue argileuse :















... qui sont cuites dans la 3ème version du four à tuile:














Celui ci permet de faire cuire des fournées de 3000 tuiles qui seront cuites puis refroidies pendant 3 jours pour obtenir celles-ci:














Citons enfin les cuisinières qui travaillent dans cette magnifique cheminée munie d'un four à pain sur la gauche :














Elles travaillent les recettes de l'époque, très souvent faites dans des pots qui sont tournés petit à petit tout au long de la journée près de l'âtre.

Bien entendu , il y a les tailleurs de pierres :















Ils produisent en masse des pierres régulières pour la construction, et en petite quantité de véritables bijoux telle cette clé de voute faite en un seul bloc bien sur :














... ou ce quadrilobe décoratif :















Leur matière première est extraite de la carrière :














... comme l'est la plus grande partie des matériaux de construction.
Ici est fabriquée la chaux qui servira dans le mortier liant les pierres entre elles :














Notons dans la liste des pièces impressionnantes du chantier cet assemblage réalisé par les charpentiers :













Son rôle est de mettre en place les voutes d'arêtes des tours dont voici un apperçu :



Il y a sur ce site encore bien d'autres métiers, plus furtifs, mais néanmoins incontournables, telle la charretière qui transporte les matériaux sur le chantier, ou bien les architectes ...

Voyez maintenant le plan du château :


















Aujourd'hui, les fondations sont faites, la tour de la chapelle et la tour maitresse sont à moitié montées, et le logis seigneurial attends la dernière partie de sa charpente.

Voici une vue du toit du logis sur le pont enjambant les douves :
















... qui est soutenu par un magnifique assemblage que voici :














La rez de chaussez du logis n'est pas encore aménagé, mais il est terminé.














A l'étage, la charpente avance, et sa couverture aussi :




























Ainsi se termine ce résumé décidément trop bref pour donner ne serait ce qu'un idée de l'ampleur de ce chantier hors norme.

Vois pourrez trouver plus d'informations, et suivre sont avancement sur son site :
http://www.guedelon.fr


Demain, je passerai la barrière, enfilerai ma biaude et prendrait part aux travaux.

A bientôt !

samedi 24 avril 2010

Premier levage !

Salut à toi lecteur, et bienvenue à nouveau sur mon blog.

Sur le chemin que je suis, à la recherche d'une vie nouvelle, certains passages ont une signification plus importante que d'autres. La journée que je vais vous compter fait partie de ces évènements qui marquent un avant et un après.
En effet, de retour sur le chantier participatif d'Olivier, nous avons aujourd'hui pour tache de lever la charpente du garage !

Comme vous pouvez le voir, la charpente est composée de deux demi fermes qui sont déjà assemblées et prépositionnées pour le levage :

Ce levage se fera à l'aide de la fameuse grue qui est toujours aussi
en forme.

Le positionnement et l'alignement des poteaux est fait avec soin, et les premières surprises arrivent ! Les poteaux des extrémités reposent bien sur leurs emplacements respectifs, mais le poteau central est surélevé de 4 cm :


 Enfer et damnation ! Que le charpentier soit convoqué ! Bon, il n'est pas là, nous allons devoir nous débrouiller sans lui. Le colloque démarre, et les idées fusent.
L'alignement a pourtant bien été contrôlé lorsque la charpente était au sol. Nous serions nous trompés ?
Qu'a cela ne tienne, il faudrait peut être raccourcir un des poteaux afin d'avoir un bon alignement. Mais alors, les entrais horizontaux ne le seront plus ...

Finalement, Olivier tente le tout pour le tout, et se suspend à ce fameux poteau central, qui descend jusqu'à sa base en donnant aux pièces horizontales un alignement parfait.
Le fait de soulever la structure par le poteau central avait simplement fait jouer les assemblages.
Qui avait proposé de raccourcir les poteaux déjà ? ;-)

La tache suivante est  de contreventer la structure, c'est à dire fixer une ou plusieurs pièces temporaires qui vont maintenir la ferme verticale :



Sur ces premières émotions, la seconde demi ferme est levée rapidement, l'équipe est au point.


Les deux demi fermes étant levées, nous allons maintenant installer les pannes. Ce sont les pièces horizontales, généralement parallèles à la gouttière et au faîte du toit, sur les chevrons, qui sont les pièces obliques à l'origine de la pente de la toiture.

 Le garage étant accolé à la maison existante, plusieurs méthodes sont expérimentées pour garantir l'alignement avec les pannes de la structure déjà en place.
 

Finalement, à l'oeil ça marche très bien !
Une fois la panne mise en place, elle est maintenue en place grâce à un serre-joint :



Cela permet d'effectuer un perçage qui traverse le poteau et la panne. Ils seront ensuite boulonnés sur une tige large comme le pouce.


Une fois de plus, la première panne étant faite, l'équipe est opérationnelle pour la seconde, puis la dernière.

Voici pour vous une vue de charpentier à l'œuvre :



Voici une photo montrant le détail de l'assemblage :


Nous voyons donc le poteau dit "moisé", c'est à dire constitué de plusieurs pieces de faible section assemblées pour obtenir une section importante à la fin.







Ce type d'assemblage possède de nombreux avantages :
- les pieces de plus faible section sont plus économiques à l'achat
- elles sont plus légères à transporter
- les assemblages (mortaise) ne nécessitent pas de découpe

On peut voir le contreventement (final celui là) réalisé par les contre fiches ( petites pièces obliques dans les coins) qui donnera sa rigidité à la structure et l'empêchera de se coucher dans les deux directions.

Voilà mes amis, une bien belle journée qui s'achève.

L'expérience a été à la hauteur de mes attentes. Un travail d'équipe, des imprévus, des conciliabules, des solution, de l'huile de coude, et un ciel magnifique. Voilà les ingrédients de mon premier levage de charpente.

Le résultat est agréable à voir :



Les contreventements temporaires resteront jusqu'à ce que la toiture soit réalisée. Celle ci  contribuera à la solidité de la structure.
Il ne faut pas oublier que la période de chantier est bien souvent celle qui engendre les contraintes les plus importantes sur la structure.
Une fois le toit et le murs réalisés, on pourra donc les enlever.

Une dernière vue de la réalisation, dans le soleil terminant sa course, et il est déjà temps de rentrer.


A bientôt cher lecteur, pour la suite du voyage !



vendredi 18 décembre 2009

La pose de bardeaux, stage de friture !

Bonjour à tous et bienvenue une fois de plus sur mon blog !

Vous vous souvenez surement de mon dernier chantier participatif  à Dremil Lafarge au cours duquel j'ai travaillé avec  Sébastien à isoler sa toiture avec des bottes de pailles.

Celui ci m'a parlé du charpentier et ami qui a réalisé sa charpente. Il m'a également parlé de plusieurs association toulousaines gravitant dans le monde de l'éco-construction et tout un tas d'autre domaines.

Une de ces associations, Friture, propose notamment des stages pratiques, sur la construction d'ossatures bois, de toilettes sèches, et tout un tas d'autres sujet gravitant autour de ces domaines.

Après un peu de navigations sur les sites web de ces associations, j'ai découvert que le prochain stage en date était la mise en œuvre d’une couverture en bardeaux sciés et ventilés.

Ni une ni deux, voilà votre dévoué serviteur inscrit, et qui se présente à la ferme pédagogique de Bouzigue, lieu où se déroule le stage.


"Un lieu ressource pour les associations de promotion à l’éducation à l’environnement ", c'est en ces mots que se présente la ferme de Bouzigue en ajoutant : " Elle contribue à créer une dynamique locale, à favoriser un développement socio-culturel autour d’animation et d’activité en accord avec l’objet de l’association."

Cette ferme est une bâtisse ancienne, au style bien particulier des campagnes toulousaines, qui nous accueille par cette matinée humide et grisâtre.

La demi-douzaine de stagiaires arrivent au compte goutte, et visiblement beaucoup de monde se connais déjà.
Une majorité d'entre eux est actif dans le tissu associatif local, où ils se côtoient régulièrement.



La matinée fus consacrée  à la partie théorique dont voici un résumé succin :





"Le bardeau est un revêtement permettant de protéger des intempéries les toitures et les façades"





Dans le cas qui nous concerne, nous allons aborder le bardeau de bois (bien sur) employé à la couverture du pan de toit d'une petite construction qui servira de buvette ou lieu d'accueil pour de futures manifestations.

La première moitié de la journée est consacrée à la partie théorique : les bardeaux, leur histoire, leur utilisation encore, principalement dans certains canton suisses sous le nom de tavillon.

Nous avons également regardé une video (pluie oblige) montrant les tavillonneurs suisse au travail.
C'est un travail d'orfèvre qui démarre sur l'arbre encore sur pied. Soigneusement sélectionné, il est abattu, débité, puis les tavaillons sont fendus en suivant la fibre, et entreposés pour séchage.

Bien entendu, tout ce travail est fait avec les outils de l'ancien temps et les méthodes qui s'y rapportent.


Les ventres criant famine ( mais pas à cause du travail abattu en cette pluvieuse matinée) obtiennent finalement gain de cause, et nous nous dirigeons vers la cuisine.

La nous attends un repas bio dont voici un succin résumé :






Boisson à base d'ortie en guise d'apéritif, puis soupe d'orties agrémentée de graines grillées.





S'en suis une série de tourtes maison comprenant des orties de nouveau, ainsi que du potiron, des légumes divers, une tourte agrémentée de roquefort et de noix, ainsi que diverses salades.






Ce repas fut un délice du début à la fin. C'est assez surprennant de voir la varité de choses que l'on peut faire avec la production locale et un peu de savoir faire.

Les discussions vont bon train, à gauche sur les divers voyages au tour du monde sans le sou par les globe trotters, à droite sur la dernière fournée de pain bio réalisé par l'un des convives dans un four restauré dans squat pas très loin.

Cette expérience fu assez troublante, car je me sentais vraiment venir d'un autre monde. Ici, la simplicité et l'humanité règne.

L'un des participants a fait dans la pub pour une grande boite parisienne pendant 10 ans. Il a tout laché, et me raconte qu'il n'a pas eu une seule journée d'emplois salariée depuis 3 ans, et pourtant il vie une vie bien remplie.

Tout cela me fait bien un peu réver, mais je ne suis pas encore assez ouvert d'esprit pour m'y voir toute la vie.

Une fois tous ces mets engloutis, et ces histoires en têtes, nous pointons le nez dehors pour constater que les nuages ont terminé leur travail. Nous allons enfin pouvoir commencer le notre.

Deux ateliers furent montés pour réaliser le travail : la découpe des bardeaux, et la pose.

Le stand de découpe par de planches d'environ 4 mètres qui sont découpées, et percées :


Le perçage est nécessaire, car les clous sont posés, comme nous le verrons plus loin, assez près du bord, et donc le bardeau se fend si on tente de clouer directement.







Non loin de la, les apprentis charpentiers s'activent à la pose.

















Le principe d'une toiture en barbeaux est de superposer des bardeaux de manière à ce que l'eau s'écoule sans jamais traverser la toiture.


Nous voyons ici les deux litteaux (longue pièces de bois de petite section presque carré) qui soutiennnt chaque bardeau. Un en tête, et un autre quarante centimètres plus bas.



La toiture se monte donc du bas vers le haut.

Entre deux bardeaux, il doit y avoir un écart (règlementaire de 6mm). Dans notre cas, nous travaillons avec du bois encore très humide, nous ne laissons pas d'espace.

Une fois le bois plus sec, il va se rétracter en largeur (mais pas en longueur), créant ainsi cet espace.
Les bardeaux étant décalés d'une couche à l'autre, l'eau peux ruisseler jusqu'au sol sans traverser le toit :




















Voici une vue de travers montrant le système d'empilement des couches :


Le soleil commence à décliner, et la fraicheur arrive, la journée touche à sa fin.

















Le résultat final est plutôt réussi, et surtout il met en relief la video vue le matin, dans laquelle des chef d'oeuvres de toitures étaient exposées, et c'est à ce moment qu'on prends conscience de la qualité incroyable du travail des tavillonneurs suisses, et surtout de la modestie du notre !

Voici quelques photos de ces oeuvres :
















Selon la tradition, chaque portion de toit est recouverte par pas moins de neuf couches de bois !
Les tavaillons se superposent trois fois latéralement, et trois fois verticalement.

La quantité de travail nécessaire pour réaliser une toiture est inimaginable, comme le laisse supposer cette photo :

































Voici pour finir une superbe video d'époque montrant un tavilloneur à l'oeuvre :
http://archives.tsr.ch/dossier-metiers/construction-tavillon

Une nouvelle expérience s'ajoute à mon carnet de voyage. Celle-ci fû également faite de nouvelles rencontres : un charpentier qui se spécialise dans l'éco-construction, une association qui organise des formations théoriques et pratiques, une ferme eco-citoyenne, et des aventuriers de la vie !

Les discussions de la journée m'ont de nouveau mises sur la piste des Compagnons du devoir du tour de France. Il semble qu'il soit possible de suivre des formations en charpente auprès d'eux.

Je note donc sur mon carnet de voyage qu'une étape du coté du compagnonnage serait surement très instructive et utile pour me guider sur la route.

Je vous quitte donc une fois de plus avec de nouvelles destinations en tête, et c'est bien là l'essentiel dans un voyage, d'avoir une nouvelle destination en vue !

mardi 20 octobre 2009

Venez m'aider, venez apprendre : bienvenue à la maison paille d'olivier :
















C'est par une magnifique journée de début d'automne que j'ai pris la route pour un nouveau chantier participatif, à Dremil Lafarge.

Le paysage magnifique, encore baigné d'un voile de brume matinale, suffit à oublier le difficile réveil matinal de ce samedi matin.

Aujourd'hui, je vais rencontrer Olivier, qui construit sa maison en paille depuis 4 mois environ.

Il a pris le parti de faire appel à des professionnels dans un premier temps afin de réaliser le terrassement, ainsi que le plus gros travail de définition de l'architecture.

La suite du chantier se déroule selon le mode que vous connaissez maintenant bien : le chantier participatif.

Voici donc les premières vues de cette maison :



La face correspondant à l'entrée, avec le nord à gauche ...









... et voilà le mur face sud.




A l'est, le mur est encore en cours de construction comme le montre ce point de vue :









Voici donc une maison de 2 étages, chacun faisant environ 80m² . L'ossature bois entièrement réalisée, et les murs en grande partie montés.

Le travail du jour consistera à continuer l'isolation du toit qui est réalisée en bottes de paille comme il se doit.

Pour y parvenir, des plaques d'OSB on d'abord été posées de manière à recouvrir l'ensemble de la surface du toit.




"Les panneaux OSB ( Oriented Strand Board ) sont des plaques rigides de lamelles de bois orientées "






Ensuite, des poutres en I ( du fait de leur forme ) sont installées parallèlement entre elles, et perpendiculairement au faite du toit, de manière à créer des compartiments dans lesquels seront insérées les bottes de paille en compression.



Voici ici quelques poutres dites "en I" n'ayant pas encore été affectées à leur poste.





Voilà donc pour la théorie. Dans la pratiques, les choses sont légèrement moins ... évidentes disons.

La première étape consiste à découper les bottes de paille à la largeur désirée, 44 cm en ce qui nous concerne. Les bottes sont de largeur variable, allant de 46 à 50 cm environ je pense.

Le découpage doit être relativement précis : une découpe trop étroite, et l'air circule, créant un passage thermique dans l'isolation; une découpe trop large, et la pose de la botte dans son compartiment se transforme en lutte épique entre l'homme et les lois de la physique des matériaux !

Je commençais ainsi ma journée à la découpe.
Quelques allez retours entre le lieu de stockage et le lieu de découpe permettent de s'échauffer les bras. Comme cela tombe bien, car comme nous allons le voir, ceux ci seront mis à rude épreuve, une simple botte pesant dans les 15 kilos !


Ici Olivier me montre la technique (relativement simple) de découpe.






Il faut prendre soin du sens de rotation de la lame, afin d'éjecter les brins plutôt que de les entasser dans le passage, ce qui fait caler la bête.


Les bottes ont un sens, qui l'eut cru ! On s'en rends bien compte lors de la découpe :





Cette photo montre une botte coté "pied" de la paille. On peut y voir les "strilles" des pieds regroupés ensembles.










Celle ci montre le coté tête, avec des brins mélangés et plus souples.








Le coté strillé doit être simplement égalisé, car il est difficile à travailler.
L'autre coté est tendre, et c'est celui qui sera le plus travaillé pour ajuster la largeur de la botte.

Les premières découpes sont longues, car je passe beaucoup de temps à mesurer pour ne pas couper trop court.
C'était très bien fait. Effectivement, je n'ai pas coupé trop court du tout, pas assez même !

En se référent aux problèmes liés à la découpe cités plus haut, vous devinez déjà que les première bottes ont été dures à rentrer !!!

Après quelques ajustements, la technique est mieux maitrisée, et le rythme augmente. C'est assez grisant de voir que l'on progresse, et c'est surtout un plaisir d'avoir un professeur qui donne des consignes, des conseils, puis qui vous laisse voler de vos propres ailes en toute confiance.

Les bottes se taillent six par six, non pas par esprit de rigueur militaire, mais parce que c'est le nombre de botte que l'on peut installer dans la nacelle de la grue qui les élèvera vers leur destination finale.










Voici donc le précieux chargement défiant les lois immuables de la gravité grâce à une merveille technologique : la grue.









Celle ci est sans peut être vieille que moi, et pourtant elle est d'une efficacité redoutable !


Voici la grue utilisée sur le chantier. De la mécanique simple et robuste comme seuls les anciens savaient la faire.






Le moteur "Bernard", démarré grâce à une cordelette enroulée autour du rotor démarre au quart de tour moyennant une énergique traction:




Le moteur entraine uniquement la levée de la charge. Celle ci est embrayée à l'aide d'un simple levier.



La rotation de la flèche une fois chargée se fait grâce à ce volant avec le seul petit doigt malgré les centaines de kilos déplacés !



La descente est pilotée avec précision au frein à main.

Nous voici donc rendus en altitude. Une fois les bottes montées, il faut les placer entre les poutres en I.


Nous voyons ici Olivier en train de positionner le "chausse pied", ou plutôt devrais-je dire le "chausse botte" qui nous permet de rentrer les bottes en compression entre deux poutres.




Vu du faîte du toit (la ligne horizontale la plus haute), voici à quoi ressemble l'emplacement à combler :

Une fois la botte placée, elle doit être tassée verticalement, pour reposer sur le panneau, puis glissée vers le bas de la toiture.

Pour cela on se place comme dans une baignoire et on pousse avec les jambes.


Comme les panneaux OSB sont uniquement cloués, il n'est pas possible d'y marcher. Ainsi, se maintenir dans la baignoire se fait uniquement à la force des bras.
Au début, c'est très amusant, mais à la fin de la journée, c'est épuisant !!!

Ainsi après une journée entière à deux, nous réussîmes à terminer entièrement la façade nord :











Celle ci sera plus tard recouverte d'une couche de pare-pluie, puis recouverte d'un parement.

Quelques découpes de planches et vissages pour le maintiens des bottes en bout de pente cloturèrent cette journée passionnante.

Le bilan est exceptionnel. Un temps magnifique, un auto constructeur qui a vraiment pour but de partager une passion, et de faire découvrir le plus de choses possibles aux participants, et une saine fatigue qui promet de repenser au chantier plusieurs jours après tant les courbatures sont promises à un avenir radieux.

Un des grands plaisir de ce chantier est d'avoir pu en une seule journée participer à tous les postes en jeu : manutentionnaire, découpeur de bottes, de planches, grutier, couvreur, etc ...

Un autre point particulièrement intéressant est que le charpentier qui a réalisé la structure fait partie d'une association qui donne des cours théoriques et pratiques sur le sujet.

Quelque chose me dis que je vous parlerai de cette association d'ici peu !

Voici le blog d'Olivier où vous pourrez suivre la suite de cette aventure humaine :
http://maisonpailledremil.blog.free.fr/index.php?post/2009/10/07/le-toit-Nord-est-maintenant-etanche...-et-isol%C3%A9

Si d'aventure vous passiez du coté de Toulouse, je vous encourage à découvrir ce chantier et cet homme qui resteront assurément gravé dans vos carnets de voyage.

Pour ma part, nul doute que je reviendrai participer, et probablement découvrir les techniques d'enduits des bottes de paille qui devraient bientôt commencer.

La route continue de défiler, et si parfois le temps semble s'arrêter, et le paysage semble se figer, cette impression ne dure pas.
Les futures étapes se rapprochent régulièrement, et les sujets semblent se multiplier à l'infini.

Je pense à mon repose pied qui m'attends sagement, ainsi qu'aux explications des principes de base de charpentes qui déjà sont en préparations, mais également à toutes les pistes que m'ouvrira cette association.

Oui, assurément, plus j'avance dans mon voyage, et plus les chemins s'offrant à moi se révèlent, multiples et entrecroisés.

A bientôt pour en parcourir de nouveaux ensemble !