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jeudi 20 janvier 2011

Bois & Cie : stage de menuiserie, première partie



Bienvenue à toi lecteur pour une nouvelle page de mon aventure !

Tout droit de retour du XIIIème siècle où je participa à la construction d'un château fort, me voici à la découverte d'une nouvelle association dont j'ai entendu parler lors de soirées ... d'une autre association !  C'est un microcosme que je ne connais pas du tout, et j'y découvre un véritable réseau de personnes qui se côtoient et partagent du temps et du savoir autour des divers thèmes, notamment ceux qui me tiennent à cœur : la construction bois.

L'association Bois & Cie se présente en ces termes :
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L’association Bois & Cie est née en octobre 2005 autour d'un axe majeur: le partage des savoirs et des savoir-faire autour du travail du bois. Portée par quelques membres fondateurs, la structure s'organise au départ autour d'un local-atelier, équipé d'outillage et machines mutualisés et propose à ses adhérents un espace et des temps d'échange et de partage: apprentissage et perfectionnement des techniques de mise en œuvre du bois principalement (mais aussi du cuir, des métaux) mutualisation des informations.
"

Au menu de leurs activités, des activités de formation,de réinsertion, du conseil sur l'éco-construction, des projets sur la valorisation des rebuts urbains ( bois de palettes ) et enfin un projet central de prototype d'habitation légère et démontable.


Cette association avait donc toutes les cartes en main pour m'accompagner sur le chemin du bois. Quelques coups de fils, et renseignements pris, je me suis inscrit à un stage de vingt heures de formation aux techniques de base de la menuiserie.

En attendant le stage quelques semaines, j'ai eu droit par un beau samedi bien frais à la cérémonie d'accueil : la séance de démontage de palettes à coup de pied de biche ! Le but est de récupérer de la matière première à bon marché, et de la valoriser dans divers projets tel que des bacs à compost, des toilettes sèches, ou bien des cabanes de marché démontables. 


Me voilà donc par un nouveau beau matin en direction des locaux de l'association, habillement camouflée derrière cette façade d'ancien garage :

 






La première pièce fait office d'entrepôt pour la matière première. On y croise également de l'outillage, et sur la droite un prototype de cabane. Je pense que c'est l'ancêtre du prototype d'habitation dont je vous parlais plus haut.







Ensuite, nous entrons dans la pièce principale contenant plusieurs postes de travail, et une bonne partie de l'outillage.



















Au fond se trouve une petite salle qui tiendra lieu de bureau d'étude pour notre projet.

















La première étape de de ce stage est de prendre le bon café du matin. Comme vous le constatez, les doudounes sont de rigueur, la salle n'étant que faiblement isolée. Il y règne une température glacière que la chaleur humaine des participants fait rapidement oublier.



















Présentations, rappels du contenu et des objectifs du stage, consignes de sécurité, nous rentrons dans le bois dur !

L'objectif est donc de construire un battant de porte. Pour cela, nous serons organisés par groupe de 3 ou 4 personnes, chacun réalisant son battant. Ceux-ci seront utilisés pour continuer l'ameublement le local.

Nous apprenons donc qu'il y a douze étapes pour réaliser un travail de menuiserie. Je vous les cite donc de mémoire (avec plusieurs mois de retard) en espérant ne pas raconter trop de bêtises :

  1- croquis
  2- fiche de débit
  3- épure à l'échelle 1
  4- choix des pièces de bois
  5- dégauchissage et rabotage
  6- établissement des marques de repérage
  7- repiquage des traits de coupe
  8- réalisation des assemblages( tenons, mortaises, rainures )
  9- découpe des tenons aux bonnes longueurs
10- assemblage à blanc
11- encollage
12- ponçage et vernissage

En avant donc avec le croquis général que l'on gardera sous le coude tout au long de la fabrication de notre pièce. Il doit nous indiquer la forme de l'ensemble, les types d'assemblage, les dimensions principales et le marquage de chaque pièce.

 

















Notre battant sera donc composé de deux montants (à droite et à gauche), trois traverses ( en haut, au milieu et en bas ) et deux panneaux ( au milieu des deux rectangles ).


Le marquage ( les runes mystérieuses que vous voyez sur chaque pièce ) nous permet une fois tracé sur le bois de savoir instantanément quelle pièce nous avons dans les mains, ainsi que sa position future.
On vois sur ce croquis les marques des montants de gauche et de droite que l'on ne peut confondre, quelque soit le sens dans lequel on tiens la pièce. Les marques des traverses permettent de savoir exactement dans quel ordre vertical elles seront disposées.
On vois enfin les marques permettant de reconnaitre les mortaises ( tout à droite ), et les tenons (sur chaque traverse).


Ce croquis étant fait, nous avons une bonne idée du bois qui sera nécessaire pour le réaliser : deux montants, trois traverses. Nous établissons donc la fiche de débit qui liste les pièces nécessaires ainsi que leur dimensions. Celle ci peut servir de bon de commande pour notre fournisseur, ou bien de liste de tache pour nous même puisque nous allons les tailler.



















On note la pièce d'essai qui permettra de calibrer nos outils, et on pourrais rajouter si le budget nous le permettais une pièce supplémentaire de chaque type, en cas d'erreur, il serait dommage de stopper les travaux car une pièce nous manque, et qu'il faille relancer une commande.

Étant des menuisiers chevronnés du haut de nos ... hum ... deux bonnes heures dans le métier, nous somme assez confiants pour ne pas avoir besoin de pièce de secours.

Nous continuons la phase d'étude avec le tracé de l'épure à l'échelle 1. L'objectif de celle ci est de représenter exactement ce que sera notre pièce finale, avec ses dimensions réelles.

Tout commence donc par tracer le premier angle droit avec ... une règle un et compas bien entendu !

Il existe plusieurs techniques pour réaliser un angle droit. La première dite du 3-4-5 nécessite une règle graduée. Elle consiste à réaliser un triangle dont les cotés sont de proportion 3,4 et 5. Par exemple, au vu des dimensions de notre pièce, nous pourrions prendre 30, 40 et 50 cm.

Les plus mathématiciens d'entre vous auront noté que 3² + 4² = 5², ce qui rappelle fortement les propos obscurs de ce bon vieux Pythagore.
Pour rappel, la réciproque de son théorème nous dis que :

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Si dans un triangle, la somme des carrés des longueurs de deux côtés est égale au carré de la longueur du troisième côté, alors ce triangle est rectangle et l'angle droit est l'angle opposé au plus grand côté.
"

A la bonne heure ! Mais étant des menuisiers accomplis, nous pouvons nous passer de règle graduée grâce à une seconde technique mettant en œuvre de nouveau la géométrie.



Nous traçons une ligne entre deux points A et B.
A l'aide du compas, nous créons un triangle ayant  trois cotés de longueurs égale à AB.
C'est un triangle équilatéral ! Ses angles valent donc tous 60°.
Nous prolongeons la ligne BC. Cela crée un angle complémentaire de 120° avec AC
Nous y reportons la longueur CB, obtenant le point D.
Le triangle ACD obtenu possède deux cotés de longueurs égales, il est donc isocèle !
L'angle à son sommet valant 120°, les deux angles à ses bases valent 30°.
L'angle entre DA et AB vaut donc 30°+60° soit 90°, il est droit, la science est formelle sur ce point !
Après une franche partie de rigolade à constater que la pratique diffère légèrement de la théorie dans ce cas là, nous parvenons tout de même à établir un premier angle droit respectable.

Les autres tracés suivent jusqu'à reproduire intégralement notre croquis initial avec des côtes correctes comme le montre (presque) cette photo :




Nous voyons ici quelques détails des assemblages : la mortaise, le tenon (un peu plus court) et la rainure dans laquelle se glissera le panneau.




La conception étant terminée, la fiche de débit établie, nous allons en quête des pièces de bois nécessaires. Celles-ci sont issues de palettes ayant subit avec succès la phase de démontage.

L'aspect brut du matériel, et ses dimensions approximatives  ne permettant pas de réaliser un travail de menuiserie, la première étape sera de les préparer.

La première machine que nous utilisons est la dégauchisseuse :




Des lames sont montées sur un axe tournant à grande vitesse. La pièce de bois est glissée le long d'un plateau sur lequel affleurent les lames. Celles-ci enlèvent donc (selon le réglage) quelques millimètre de bois à chaque passage. Ainsi, au bout de plusieurs passages sur le plateau parfaitement plat, nous obtenons une surface parfaitement plane.

Voici la position académique ayant l'avantage (non négligeable) de garantir la récupération de la totalité de vos doigts en fin de dégauchissage :



















Je vous la recommande donc fortement.
Un quart de tour de la pièce et rebelote : nous obtenons 2 faces parfaitement planes, formant un angle de précisément 90°.




Pour l'étape suivante, la raboteuse entre en jeu. Également constituée de lames sur un axe rotatif, elle attaque cette fois le bois par le haut :





















La hauteur du plateau sur lequel glisse le bois étant réglable, cette machine permet de créer une face parfaitement plane, parallèle à la face opposée et à l'épaisseur qui est souhaitée.

Ainsi, grâce à ces deux outils, nous obtenons une pièce dont les quatre faces sont parfaitement planes, parallèles deux à deux, et formant des angles de 90°.
C'est le minimum nécessaire pour espérer réaliser un ouvrage digne de ce nom !

Ces étapes sont donc réalisées pour chacune des six pièces de notre fiche de débit.
Chacune sera ensuite choisie en fonction de ses dessins, couleurs, nœuds, strilles pour occuper une place dans le montage. Les marques de notre croquis leurs sont alors apposées au crayon.

Il est maintenant temps d'effectuer sur celles-ci les tracés grâces auxquels coupes, tenons, mortaises et rainures seront réalisés.

Cela est fait directement sur notre épure. La pièce est posée à sa place, et les traits sont repiqués directement dessus.

Sur cette photo, on repique la hauteur du montant droit. Les petits 'v' sur chaque faces rappellent quel est le coté du trait qui sera enlevé lors de la découpe :




















Sur celle-ci, on vois le bout du tenon sur la gauche, et son épaulement sur la droite:








Chacun des traits de coupe seront ainsi reporté sur les pièces avant de passer à la phase de découpe.

Pour les rainures qui accueilleront les panneaux à l'intérieur du cadre,  le tracé est un peu plus compliqué, puisque nous sommes sur la tranche de notre pièce de bois, et que nous devons réaliser un trait relativement long.

Nous utilisons alors un nouvel outil : le trusquin.
Celui-ci est composé d'un socle contre lequel glisse la pièce de bois à tracer, et d'une partie mobile, coulissant dans ce socle, et munie d'une pointe métallique.
Une fois l'écartement entre la pointe et le socle finement réglé, la partie mobile est serrée à l'aide d'une vis. Il ne reste plus qu'à marquer le bois avec la pointe sur toute la longueur nécessaire en faisant glisser le trusquin le long de la pièce :

 


Voilà pour cette première partie de stage. Nous avons obtenu une série de pièce qu'il va maintenant falloir travailler pour les assembler.
Ce sera l'objet de mon prochain post. Je vais essayer de raccourcir un peu le délai de rédaction car j'ai beaucoup de choses à vous racontez, mais je ne devrai à aucun prix sacrifier la qualité, ce serai prendre une bien mauvaise voie pour les aventures à venir.

Puissiez vous de la même façon faire le choix de prendre le temps de privilégier les choses bien faites, au détriment du rythme fou que les temps actuels semblent nous imposer.







lundi 10 août 2009

Sur les bancs de l'école

Et si le chemin que je m'apprête à emprunter passait par les bancs de l'école ?
Et oui, quel meilleur endroit pour apprendre !

Voilà bien une idée à creuser. En effet, si l'auto formation et les stages sont un excellent moyen de découvrir le milieu, ils risquent de peser bien léger dans la balance si par aventure je devais convaincre un client que je suis l'homme qu'il lui faut pour réaliser ici un meuble, là une charpente, et que sais-je encore ...

Quels diplômes existent donc dans ces métiers du bois ? Voyons ensembles ce que propose l'école supérieure du bois.

Pour les chanceux qui pratiquent déjà le métier, la formation continue, ainsi que la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) permettent de se remettre à niveau, ou bien d'obtenir un diplôme en se basant sur les compétences mises en œuvre dans leur carrière. Cela ne me concerne donc pas, ou pas encore tout du moins ...

Je passe la case CAP, BEP, etc. qui ne me semblent pas pertinentes pour un ingénieur trentenaire, la seule perspective de retourner à l'école avec la génération Star Cacadémie étant suffisamment effrayante en soi.

A un niveau bac +2, il existe 3 BTS dans cet établissement, ouvrant des voies diverses :

- Choisir de vendre le matériau bois : BTS Technico-commercial Option Bois et Dérivés
- Concevoir avec le Bois : BTS Systèmes Constructifs Bois et Habitat (SCBH)
- Produire avec le bois : BTS Productique Bois, option Production et Gestion Industrielle (B)

Ici, les chemins commencent à se diviser, mais certains sont d'office bannis car si j'ai l'âme d'un artisan, je n'ai absolument pas l'envie de devenir marchand de tapis, les commerciaux étant très bien classés sur le podium des raisons me poussant à fuir mon métier !

La production me rappelle quand à elle un peu trop la volonté omniprésente d'augmenter rendement, cadence et productivité. Cette course au gain en dépits de la qualité a elle aussi fait une belle course au podium ...

La conception de systèmes de construction semble être une belle voie, nécessitant à la fois l'écoute des besoins d'un client, la maitrise des techniques et des sciences, et l'imagination permettant d'apporter une réponse à la fois pertinente et originale. Oui assurément, cette voie me plait bien.

La liste est encore longue :
- Licence professionnelle "Construction Bois"en partenariat avec l’Université de Nantes.
- Licence professionnelle "Attaché Technico-commercial bois" en partenariat avec l’IUT de St Nazaire .

Le mastère « Composites Biosourcés : Innovation et Ecoconception », qui a lui pour but de former des cadres de haut niveau dans le domaine des matériaux composites innovants prenant en compte les enjeux du développement durable.
A 9000 € l'année, effectivement, c'est du très haut niveau certainement ... Très peu pour moi.

Enfin, cette école délivre la formation d'ingénieur (4000€ l'année quand même) donnant accès à toute la palette des métiers de l'ingénieur, mais avec une spécialisation dans les domaine du bois.
Étant moi même ingénieur, je prends avec de très grosses pincettes l'idée de pouvoir changer de domaine si simplement.
Voici néanmoins, pour se faire une idée, la répartition par secteur d'activité de la promo 2007 :




Observons rapidement sur l'Ecole nationale supérieure des technlologies et industries du bois (ENSTIB) qui permet de devenir Ingénieur , mais aussi de passer différents Masters :
- architecture bois construction
- recherche science du bois et des fibres
- construction et hautes études des structures bois

N'ayant pas vraiment d'idée sur ce qu'est un master, j'ai fait l'erreur de jeter un œil sur l'ami Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Master_(France) .
La lecture de plus d'un chapitre sur le sujet risquant d'altérer votre santé mentale ainsi que votre confiance dans le système éducatif, je vous le déconseille.

Rajoutons à cela un doctorat ou des diplômes d'enseignants (IUFM) qui termine de m'éloigner totalement de la douce image de petit menuisier qui me faisait rêver.

En résumé, un petit rappel sur le système de diplôme français:






Que dire pour conclure ce long post ? Déjà que mes lecteurs sont bien courageux si ils ont réussi à me lire jusqu'ici !

Ensuite, que les voies sont multiples, et que mon diplôme d'ingénieur ne sera finalement peut être pas à jeter à la poubelle.
Mes parents que j'embrasse très fort m'en seraient certainement reconnaissants, au vu des sacrifices qu'ils ont fait pour payer mes études. Je ne les remercierai jamais assez.

vIl va falloir maintenant creuser un peu le financement de tout ça, car c'est certainement bien beau de retourner user ses fonds de pantalons sur les bancs de l'école, mais il faudra bien trouver un moyen de subsister pendant ce temps là.

Dans les prochains numéros, nous allons devoir aborder le Droit Individuel à la Formation (DIF), le Fongecif, les bourses, mais également le statu d'auto entrepreneur, qui peut permettre de gagner quelques sous en parallèle d'une formation ou d'un métier.

On abordera aussi la suite de mon petit repose pieds qui n'a pas beaucoup avancé ! ;-)

A la prochaine, compagnons de voyage !