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jeudi 2 décembre 2010

Chateau de Guedelon : suite et fin de l'aventure

Bonjour à toi visiteur, et merci de m'accompagner une dernière fois dans ce voyage à travers les ages.

Si tu n'a pas encore eu l'occasion, découvre l'histoire incroyable de ce château du XIIIème siècle qui se construit de nos jours avec les moyens et les outils de l'époque !
Tu trouveras un premier post dans lequel je présente le Chateau de Guédelon, puis un second dans lequel je conte mon immersion dans cet univers, à travers ma première moitié de semaine en tant que fendeur.

Ce troisième (et dernier) post me verra évoluer, toujours parmi les bucherons, mais cette fois ci en tant qu'équarrisseur.

Construire un château, mais également un village pour héberger les ouvriers, les outils, les attelages, les échafaudages nécessite une quantité de bois incroyable.
Ainsi, la localisation des châteaux était elle décidée en fonction de critères stratégiques, mais également en fonction de l'approvisionnement en matières premières pour le construire.

Le Château de Guédelon se construit sur une ancienne carrière, perdue au milieu des bois. Ceux ci furent furent la source d'approvisionnement durant les premières années de construction, mais le besoin était tel que la réalisation de ce projet pharaonique aurait eu raison de tout le bois des alentours.
La bâtisse aurait certainement perdu de son charme, seule au milieu d'un désert.

Ainsi, une partie du bois actuellement utilisée est achetée à l'ONF et provient de forets situées dans un rayon de 50Km.

L'équarrisseur travail donc à partir de grumes : des troncs bruts. Son rôle est de répondre aux commandes passées par les charpentiers.
Ceux-ci on principalement besoin de poutres comme vous vous en doutez, mais également de pièces plus complexes.

C'est ainsi que je fut affecté à l'équarrissage de ce qui sera une jambe de force de la charpente du logis seigneurial.




La jambe de force est la partie courbe, située en bas à droite de cette image.

Son rôle est de transférer une partie du poids de la charpente sur le mur de soutient.






Afin de créer une pièce courbe, il est nécessaire d'utiliser un bois ... courbe bien entendu ! En effet, la résistance de la pièce est d'autant plus grande que les fibres qui la composent ne sont pas coupées. Nous sélectionnons donc à cet effet des pièces dont les fibres sont naturellement courbées.

Une fois la pièce choisie, elle est positionnée sur un support, et bloquée à l'aide de deux clameaux. La position est précisément choisie afin que la courbure soit orientée vers le bas.


La première étape consiste à tracer sur chacun des cotés de la grume la future largeur de celle-ci. Pour cela, nous utilisons un outil de très haute précision qui nous permet de tracer une première verticale, puis une seconde, rigoureusement parallèle, aux dimensions requises par nos clients les charpentiers.

Cet outil qui nous permet ces tracés parfait n'est autre que l'ancêtre du fil à plomb : le caillou au bout d'une ficelle !

Une fois les deux cotés tracés, il ne reste plus qu'a supprimer la partie de bois superflue à l'extérieur de la pièce. Ceci est fait grâce à une hache, ou, plus précisément, une doloire.


La doloire permet donc de fendre (et non de couper) de fines couches de matière, en suivant les fibres. Les couches sont enlevées les unes après les autres, jusqu'à arriver à une surface totalement plane.

Celle ci est vérifiée à l'aide de notre incroyable outil :



Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est possible d'atteindre un niveau de précision tout à fait respectable comme le montre cette vue de la première face terminée :


Nous pouvons même constater que la pièce est plus verticale que le photographe :




La première face est terminée, la seconde sera réalisée de la même façon. Le changement de coté est une étape plus complexe qu'il n'y parait, puisqu'il est nécessaire de fixer la grume solidement, tout en positionnant la face déjà équarrie à l'exacte verticale !







Une fois nos deux faces parfaitement parallèles, on fait un quart de tour à notre grume, et nous traçons le gabarit. Ce gabarit est une fine pièce de bois qui a été taillée de manière à reproduire la forme de la pièce à réaliser. Celle ci est alors tracée grave à un bout de charbon sur la face plane.

Je peux alors commencer une nouvelle phase de taille qui est légèrement plus complexe, car la surface n'est plus plane !



On vois un peu mieux sur la photo ci dessus la technique employée.
Les premières tailles sont des encoches qui permettent d'enlever la plus grosse partie du bois. Une fois ces entailles perpendiculaires réalisées, le travail le long du fil du bois permet de se rapprocher de la verticale de la ligne tracée.

La face intérieure étant faite, on continue avec la dernière face.













Vous pouvez voir sur cette photo la forme si particulière de la doloire, dont le manche est désaxé par rapport à la lame :















Et voilà donc, après trois jours et demi de travail, mon premier chef d'œuvre :




























Alors que mon travail ici s'achève, je me pose bien entendu la question du devenir de ma pièce. Les charpentiers n'étant pas loi, je file les voire pour en discuter.
J'apprends que les fermes sont assemblées dans l'ordre, et que celle ci ferait partie de la cinquième ferme à venir. Je dois absolument me souvenir de cela pour ma prochaine visite !

 Voici donc la photo qui contiens cette information primordiale :















Ma jambe de force se trouvera dans la cinquième ferme à partir du troisième tirant (la grande pièce horizontale) ! Arriverais-je à la retrouver ? J'espère répondre à cette question dès l'année prochaine ...

Voilà, je peux partir le cœur léger, je fait modestement partie de la légende de Guédelon.

A titre de conclusion, voyez ce que réalise le chef des équarrisseurs pendant ce temps la :















Cette poutre fait environ sept mètres de long, taillée dans une grume pesant probablement plus de deux cent kilos !

Il lui faut environ cinq heures et demi sans être interrompu pour en tirer une poutre parfaitement rectiligne !!!

Voici une petite vidéo le montrant à l'œuvre :



Voilà qui clôture cette série de posts sur l'aventure de Guédelon. Il est temps de revenir au XXIème siècle. Les méthodes ont évolué, les outils aussi. Notre technologie nous permet de réaliser des prouesses, mais les constructions que nous voyons aujourd'hui laisseront elles nos descendants aussi admiratifs et aussi rêveurs dans quelques centaines d'années ?
On peut en douter, mais il ne tiens qu'à nous, et qu'à moi, que cela soit le cas !

Alors retroussons nos manches, et voyons de quel bois on se chauffe ! Il est encore possible de faire du travail qui mette en œuvre tout le savoir acquis depuis des siècles, et de le marier à l'utile la beauté artistique qu'aucun prix ne pourra jamais acheter.

J'espère pouvoir bâtir un jour des maisons dans lesquelles le savoir faire, la patience, la créativité et la beauté seront une source de plaisir pour ceux qui sauront l'y voir.

A bientôt !

mercredi 11 août 2010

Chateau de Guédelon : début de semaine

Hôla manant !

Bienvenu à toi après cette longue période sans nouvelles. Beaucoup de choses se sont passées, et je t'en ferai part très bientôt.

Mais d'ici là, replongeons nous au XIIIème siècle, sur la construction du château médiéval de Guédelon dont je vous ai fait une visite rapide des lieux lors de mon dernier post.

Mon premier travail fut de rejoindre les bucherons. A cette époque, ceux-ci vivaient avec leur famille dans les bois, au plus près de leur source de travail.

Leur maisons étaient réalisées en terre crue, sur une structure de branchages empilés autour d'un arbre dont on avait coupé le sommet :


L'aménagement était plutôt spartiate, et la seule source de chaleur était la famille entière entassée sur une couche de paille. Les feux étaient fait à l'extérieur de l'abri ...


Ma première tâche est donc d'être fendeur. Je vais réaliser des bardeaux, c'est à dire des tuiles en bois qui serviront de couvertures aux diverses cabanes qui peuplent les forêts de Guédelon, et abritent les employés du bon seigneur.

La technique consiste à partir d'un rondin de bois d'environ 40cm de haut, et de le fendre en deux, puis de le refendre, jusqu'à obtenir une pièce d'une épaisseur de 5 ou 6mm.

Nous travaillons avec du châtaigner, car c'est l'essence la plus courante dans les bois qui nous entourent. Une telle chose ne serait jamais arrivée au XIIIème siècle, car c'était un arbre alimentaire. En effet, les châtaignes étaient utilisées pour faire de la farine, et par ces temps de disette, c'était un bien précieux.

Pour y arriver, 3 outils sont utilisés. Le billot sert de support, la massette sert d'outil de frappe, et le départoire, qui sert d'outil de fente.





Vous voyez ici le billot et la massette. Celle ci est une pièce de bois massive dans laquelle on a creusé le bois pour obtenir un manche.


Le départoire est consitué d'une lame horizontale et d'un manche vertical.

Cet outil ne s'affute jamais. Le simple fait de glisser entre les fibres du bois toujours dans le même sens maintient une lame aiguisée à travers le temps.






Voyez ici un bucheron qui a placé le départoire au milieu de sa pièce de bois, afin que la force d'écartement des fibres soit égale de chaque coté, ce qui permet de séparer sans casse les deux parties.


Le travail commence vers 9h30, nous sommes début mai, et la température est de 5°. La forêt est détrempée de la nuit, et se réveille doucement avec les chants des nombreuses espèces d'oiseaux qui peuple ces bois.

L'atmosphère de bruissements de foret émergents du silence est tout bonnement un pur plaisir.  Ces moments de pure tranquillité sont éphémères, car la cohorte de visiteurs ne va pas tarder à s'avancer. Je savoure donc le temps qui s'arrête de défiler en ce moment. 
Néanmoins, les bourasques de vent brassant l'air humide me rappellent vite à la réalité : il caille grave malgré les 6 épaisseurs de vêtements prévus pour l'occasion !!!

Qu'a cela ne tienne, le travail réchauffe très vite, et les épaules en prennent pour leur grade. Les pièces défilent dans un silence rythmé par les coup de massettes, et les rares pauses permettent de dégourdir les doigts crispés de fatigue sur le manche du départoire.

Les habitudes s'installent, et les mouvements se font de plus en plus précis au fil des heures. Petit à petit, la pile de bardeaux grimpe, et ce n'est qu'en fin de journée qu'on constate en l'observant de plus près que finalement, on en a fait un peu !


Allez, j'admet la tricherie : le tas était déjà bien fourni en arrivant.
Une discussion d'apothicaire entre bucherons nous amène à la conclusion que nous devons réaliser chacun une petite centaine de bardeaux dans la journée.

A coté de nous travaille un autre bucheron. Lui réalise les lattes qui seront utilisées sur la charpente pour tenir les tuiles. Cette tâche est très difficile, car la technique pour arriver à fendre sur une telle longueur nécessite de longues heures de pratique.
Le rendement de ce type de travail ferait pâlir un écologiste : 85% de perte environ lors de la fabrication de lattes ! Mais pour bâtir un château digne de ce nom, il faut ce qu'il faut ...





Voilà mes amis, comment les bucherons produisaient les matériaux de construction au XIIIème siècle.

Ce matériel sera transporté aux charpentiers grace aux routiers de Guédelon :


Voici la fin de cette première partie consacrée aux fendeurs.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à découvrir comment a évolué cette technique de couverture en tuile de bois à travers cette superbe page dédiée au tavailloneurs : Les Tavaillons dans le Haut-Jura .

Dans mon prochain post, je vous raconterai la suite de mon apprentissage du métier de bucheron : j'irai travailler cette fois ci auprès les équarisseurs !

Que le vent vous porte !

vendredi 18 décembre 2009

La pose de bardeaux, stage de friture !

Bonjour à tous et bienvenue une fois de plus sur mon blog !

Vous vous souvenez surement de mon dernier chantier participatif  à Dremil Lafarge au cours duquel j'ai travaillé avec  Sébastien à isoler sa toiture avec des bottes de pailles.

Celui ci m'a parlé du charpentier et ami qui a réalisé sa charpente. Il m'a également parlé de plusieurs association toulousaines gravitant dans le monde de l'éco-construction et tout un tas d'autre domaines.

Une de ces associations, Friture, propose notamment des stages pratiques, sur la construction d'ossatures bois, de toilettes sèches, et tout un tas d'autres sujet gravitant autour de ces domaines.

Après un peu de navigations sur les sites web de ces associations, j'ai découvert que le prochain stage en date était la mise en œuvre d’une couverture en bardeaux sciés et ventilés.

Ni une ni deux, voilà votre dévoué serviteur inscrit, et qui se présente à la ferme pédagogique de Bouzigue, lieu où se déroule le stage.


"Un lieu ressource pour les associations de promotion à l’éducation à l’environnement ", c'est en ces mots que se présente la ferme de Bouzigue en ajoutant : " Elle contribue à créer une dynamique locale, à favoriser un développement socio-culturel autour d’animation et d’activité en accord avec l’objet de l’association."

Cette ferme est une bâtisse ancienne, au style bien particulier des campagnes toulousaines, qui nous accueille par cette matinée humide et grisâtre.

La demi-douzaine de stagiaires arrivent au compte goutte, et visiblement beaucoup de monde se connais déjà.
Une majorité d'entre eux est actif dans le tissu associatif local, où ils se côtoient régulièrement.



La matinée fus consacrée  à la partie théorique dont voici un résumé succin :





"Le bardeau est un revêtement permettant de protéger des intempéries les toitures et les façades"





Dans le cas qui nous concerne, nous allons aborder le bardeau de bois (bien sur) employé à la couverture du pan de toit d'une petite construction qui servira de buvette ou lieu d'accueil pour de futures manifestations.

La première moitié de la journée est consacrée à la partie théorique : les bardeaux, leur histoire, leur utilisation encore, principalement dans certains canton suisses sous le nom de tavillon.

Nous avons également regardé une video (pluie oblige) montrant les tavillonneurs suisse au travail.
C'est un travail d'orfèvre qui démarre sur l'arbre encore sur pied. Soigneusement sélectionné, il est abattu, débité, puis les tavaillons sont fendus en suivant la fibre, et entreposés pour séchage.

Bien entendu, tout ce travail est fait avec les outils de l'ancien temps et les méthodes qui s'y rapportent.


Les ventres criant famine ( mais pas à cause du travail abattu en cette pluvieuse matinée) obtiennent finalement gain de cause, et nous nous dirigeons vers la cuisine.

La nous attends un repas bio dont voici un succin résumé :






Boisson à base d'ortie en guise d'apéritif, puis soupe d'orties agrémentée de graines grillées.





S'en suis une série de tourtes maison comprenant des orties de nouveau, ainsi que du potiron, des légumes divers, une tourte agrémentée de roquefort et de noix, ainsi que diverses salades.






Ce repas fut un délice du début à la fin. C'est assez surprennant de voir la varité de choses que l'on peut faire avec la production locale et un peu de savoir faire.

Les discussions vont bon train, à gauche sur les divers voyages au tour du monde sans le sou par les globe trotters, à droite sur la dernière fournée de pain bio réalisé par l'un des convives dans un four restauré dans squat pas très loin.

Cette expérience fu assez troublante, car je me sentais vraiment venir d'un autre monde. Ici, la simplicité et l'humanité règne.

L'un des participants a fait dans la pub pour une grande boite parisienne pendant 10 ans. Il a tout laché, et me raconte qu'il n'a pas eu une seule journée d'emplois salariée depuis 3 ans, et pourtant il vie une vie bien remplie.

Tout cela me fait bien un peu réver, mais je ne suis pas encore assez ouvert d'esprit pour m'y voir toute la vie.

Une fois tous ces mets engloutis, et ces histoires en têtes, nous pointons le nez dehors pour constater que les nuages ont terminé leur travail. Nous allons enfin pouvoir commencer le notre.

Deux ateliers furent montés pour réaliser le travail : la découpe des bardeaux, et la pose.

Le stand de découpe par de planches d'environ 4 mètres qui sont découpées, et percées :


Le perçage est nécessaire, car les clous sont posés, comme nous le verrons plus loin, assez près du bord, et donc le bardeau se fend si on tente de clouer directement.







Non loin de la, les apprentis charpentiers s'activent à la pose.

















Le principe d'une toiture en barbeaux est de superposer des bardeaux de manière à ce que l'eau s'écoule sans jamais traverser la toiture.


Nous voyons ici les deux litteaux (longue pièces de bois de petite section presque carré) qui soutiennnt chaque bardeau. Un en tête, et un autre quarante centimètres plus bas.



La toiture se monte donc du bas vers le haut.

Entre deux bardeaux, il doit y avoir un écart (règlementaire de 6mm). Dans notre cas, nous travaillons avec du bois encore très humide, nous ne laissons pas d'espace.

Une fois le bois plus sec, il va se rétracter en largeur (mais pas en longueur), créant ainsi cet espace.
Les bardeaux étant décalés d'une couche à l'autre, l'eau peux ruisseler jusqu'au sol sans traverser le toit :




















Voici une vue de travers montrant le système d'empilement des couches :


Le soleil commence à décliner, et la fraicheur arrive, la journée touche à sa fin.

















Le résultat final est plutôt réussi, et surtout il met en relief la video vue le matin, dans laquelle des chef d'oeuvres de toitures étaient exposées, et c'est à ce moment qu'on prends conscience de la qualité incroyable du travail des tavillonneurs suisses, et surtout de la modestie du notre !

Voici quelques photos de ces oeuvres :
















Selon la tradition, chaque portion de toit est recouverte par pas moins de neuf couches de bois !
Les tavaillons se superposent trois fois latéralement, et trois fois verticalement.

La quantité de travail nécessaire pour réaliser une toiture est inimaginable, comme le laisse supposer cette photo :

































Voici pour finir une superbe video d'époque montrant un tavilloneur à l'oeuvre :
http://archives.tsr.ch/dossier-metiers/construction-tavillon

Une nouvelle expérience s'ajoute à mon carnet de voyage. Celle-ci fû également faite de nouvelles rencontres : un charpentier qui se spécialise dans l'éco-construction, une association qui organise des formations théoriques et pratiques, une ferme eco-citoyenne, et des aventuriers de la vie !

Les discussions de la journée m'ont de nouveau mises sur la piste des Compagnons du devoir du tour de France. Il semble qu'il soit possible de suivre des formations en charpente auprès d'eux.

Je note donc sur mon carnet de voyage qu'une étape du coté du compagnonnage serait surement très instructive et utile pour me guider sur la route.

Je vous quitte donc une fois de plus avec de nouvelles destinations en tête, et c'est bien là l'essentiel dans un voyage, d'avoir une nouvelle destination en vue !

samedi 22 août 2009

Sylvéa, le musée du bois de Revel

Au fil de mes pérégrinations webesques du vendredi après midi, comme tout informaticien qui se respecte, j'ai découvert un musée du bois semblant à proximité de la ville rose qui me sert de voisine.

Quelle ne fut pas ma surprise, en parcourant les quelques pages du site, de découvrir qu'une école des métiers artistiques (notamment du bois) existait également en cette jolie ville du sud ouest qu'est Revel. Mes recherches sur les formations afférentes aux métiers du bois n'ont pas été si efficaces que ça il faut croire, car je n'ai pas réussi à trouver de formation à moins de 400 km !!! Il va décidément falloir revoir tout ça.

Ainsi donc ce samedi j'ai sauté du lit à l'aube (ou presque), il était 10h.
Pas besoin de réveil quand on se lève pour une passion, mais un peu d'aide ne fait pas de mal. Voici donc, à peu de choses près, comment je fus réveillé :



Un café, un saut sur google map, un rapide dessin de la route à suivre sur une feuille blanche (1h15 quand même), et je parti à l'aventure sur mon fidèle destrier, ma belle 600 Fazer bleu. Comme disent les vieux motards (que jamais !) : 98 chevaux dans le moteur, et un âne au guidon !

Me voici donc à la porte du musée.
Bien évidement, ceux qui me connaissent s'en doutent déjà, les portes son closes, et la grille baissée telle une porte de prison médiévale. La déception est de taille.

Ayant plus d'un tour dans mon sac, je décide de me promener dans le centre ville et j'en profite pour admirer les magnifiques charpentes de la place principale du village :



Après un kebab et une bière bien fraiche, ainsi qu'un café salvateur après un départ si matinal, et passé le choc de la disparition de mon cuir ( papiers et clefs inclus ) lors de ma pause pissou, je retrouve la sérénité quand la taulière me rend le blouson qu'elle a soigneusement caché derrière son rade pensant que quelque étourdi l'avait oublié là.

Je me met donc en ordre de marche pour rentrer au bercail et m'imagine en train de débuter le tenonage de mon repose pied ( patience, un jour je vous expliquerai ).
C'est sur le chemin du retour vers ma machine que je découvris le musée ouvert. La chance me sourit !
Le jeune homme à l'accueil m'indique qu'exceptionnellement aujourd'hui l'entrée est à moitié prix. Là, je doit me rendre à l'évidence, les dieux pavent mon chemin vers cette nouvelle vie !

L'accueil du musée est du plus bel effet, puisqu'on on y vois une réalisation des Compagnons du Devoir représentant la bâtisse du marché de Revel :



La réalisation de la ferme est saisissante (contrairement à la performance du photographe ) :



Le musée se poursuit avec quelques présentation sur la structure du bois, sur l'état des forêts. On peut apercevoir déjà plusieurs plaquettes réalisées en différentes essences :



J'ai dans l'idée de vous rédiger un post décrivant les essences, mais après cette visite et quelques recherches, cela me parait tout bonnement impossible tant les variétés sont nombreuses. J'en ferai surement une liste comportant les plus connues ou les plus utilisées ...

Les outils des anciens sont également présentés :



Compas, guillaume et scie à chantourner rappellent un temps lointain ou l'homme fabriquait lui même ses outils avant de s'en servir pour fabriquer d'autres choses. Ces quelques reliques ne sont plus trop utilisées de nos jours.
Pourtant, certains sont resté, telle la bisaïgue de charpentier (grande barre métallique à droite de la structure).
Celle ci est formée à une extrémité d'un ciseau à bois, et à l'autre d'une bédane, qui comme vous le savez surement, sert à creuser les mortaises !

Bon, c'est promis, le prochain post sera consacré aux définitions et images d'outils ou de techniques. Je le mettrai à jour au fur et à mesure que de nouveau sujets seront abordés.

La petite structure en bas à droite mérite notre attention :


Vous pouvez noter la précision des emboitements lorsque les pièces se croisent.
Un autre détail crucial, plus visible sur l'image suivante, est que cet assemblage n'est pas collé, ou clouté, mais bien chevillé ! Les chevilles ont l'épaisseur d'une demi allumette environ !




Voici un établis ancien de menuisier à gauche et un de tourneur à droite :



Un peu plus loin ,une nouvelle réalisation magnifique des compagnons :


La suite m'a permis de découvrir une discipline que je ne connaissais pas : la marqueterie. Cela pourrait être comparé à du patchwork de bois, ou alors pour ceux qui ne connaissent pas non plus ... du puzzle !

L'objectif est de réaliser des motifs très détaillés à partir de portion de bois très fines, qui sont au préalables dessinées, découpées et assemblées par collage.
Voici un exemple de commode ancienne pour se rendre compte de la précision du travail :



Les différences de couleurs sont dues à divers choix d'essences de bois, ou bien d'autre matériaux, comme la nacre, les coquillages, le métal, etc ...

Voici une vue complète de ce que donne un travail de marqueterie à l'ancienne :



J'ai pu découvrir ensuite la magie de l'art artisanal à travers des pièces issues de travail de menuiserie associé à de la marqueterie. Je vous laisse découvrir ces réalisations :



Voici le détail du contours de l'oeil :


D'autre réalisations qui me plaisent beaucoup:











Enfin, je terminerai avec une très belle lampe qui a beaucoup plus à ma chère et tendre. Peut être une future réalisation pour moi donc ...





Voici donc la fin de la visite qui approche.
Le site Internet étant en cours de migration, voici le meilleur lien que j'ai trouvé si vous souhaitez visiter cette magnifique exposition :
http://pmart.fr/#app=c4f1&b4da-selectedIndex=3&3d1f-selectedIndex=2&4eae-selectedIndex=3

En guise de bilan, je constate avec effroi que mes photos ne rendent pas hommage au travail réalisé, et je me rends compte que la cruelle réalité me rattrape : je vais devoir m'abandonner une fois de plus à la société de consommation afin d'acquérir un appareil photo plus respectueux du travail artisanal.

J'ai emporté avec moi quelques brochures de l'Institut des Métiers de l'Art et de l'Artisanat d'art (IMARA).
Cet institut propose des stages et des formations, courtes ou longues, voir même diplomates.

J'ai noté, parmi les formations proposées, plusieurs activités qui pourraient m'aider à avancer sur le chemin :
- l'ébénisterie (reconnaissance des essences, ponçage, raclage, mise en teinte, vernis) sur 5 jours
- ferronnerie d'art (appréhension feu de la forge, outils de base, manipulation de fer à chaud, marteau / fer / enclume, ...) sur 5 jours également
- sculpture sur bois (taille directe, motifs floraux, volutes, cartouches, affutage, ...) sur 5 jours
- taille de pierre (initiation, réalisation d'un blason, d'une colonne ou d'un bénitier )

Même si l'artisanat d'art n'est pas la voie que je privilégie aujourd'hui, nul doute que ces expériences seraient utiles pour apporter une touche humaine et artistique à un gros œuvre. Et puis ma culture et mon expérience du domaine étant ce qu'elles sont pour l'instant, je suis enclin à penser que toute approche est bonne à prendre.

Je vais donc bientôt contacter la responsable de ce centre. Elle pourra surement m'indiquer plus précisément les voies possibles pour suivre, et aider à financer ces stages, notamment grâce au droit individuel à la formation (DIF).

Chaque nouveau pas m'amène à voir des paysages et des chemins dont je ne soupçonnais pas l'existence. La route qui défile est parée d'une multitude d'embranchements et de détours, et chacun me semble interessant à visiter.

Peut être aussi est ce là la magie d'une passion : l'intarissable envie de découvertes sur domaine qui s'étend au fur et à mesure qu'on le parcourt.
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